Un homme d'affaires et son ex-conjointe auraient utilisé trois «mules»

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Dejean Victor était un homme d'affaires bien connu dans la communauté haïtienne montréalaise avant son arrestation. Il est accusé de complot et d'importation de cocaïne.

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Un ancien propriétaire d'une résidence pour personnes âgées de Montréal, qui se serait évadé de prison en Haïti pendant le séisme, s'est servi de trois femmes pour importer de la cocaïne au Québec en provenance d'Haïti. C'est ce qu'entend démontrer la poursuite au procès pour complot et importation de cocaïne de Dejean Victor et de son ex-conjointe, Merlande Dont, qui s'est ouvert hier à Montréal.

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La cocaïne qu'aurait transportée l'une des « mules » des accusés et la culotte dans laquelle elle était dissimulée

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Francine Desormeaux a été arrêtée avec un kilo de cocaïne dissimulée dans une culotte à l'aéroport de Port-au-Prince, le 8 mars 2011, alors qu'elle s'apprêtait à s'envoler vers Montréal.

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Les deux accusés offraient un voyage tout inclus en Haïti à leurs « mules » en échange du transport de cocaïne au Canada entre 2009 et 2011, selon la théorie de la poursuite. « La cocaïne étant dissimulée de diverses façons, soit dans des fruits, dans des légumes et parfois même sur leur propre personne, pour rentrer au Canada », a soutenu la procureure de la Couronne fédérale Marie-Ève Moore dans son exposé introductif.

Une de ces trois « mules », Francine Desormeaux, avait été arrêtée avec 1 kg de cocaïne dissimulée dans une culotte à l'aéroport de Port-au-Prince, le 8 mars 2011, alors qu'elle s'apprêtait à s'envoler vers Montréal. La Presse avait rencontré la quinquagénaire condamnée à 15 ans de pénitencier dans sa geôle haïtienne en 2012. Ses conditions de détention étaient alors très difficiles. Elle avait confié à La Presse qu'elle croyait en fait transporter du matériel vaudou pour Dejean Victor.

« Elle vous expliquera qu'elle a comploté pour effectuer diverses importations pour les accusés. », a dit Me Moore

Deux autres femmes auraient servi de « mules » pour le couple Victor-Dont, soit Cathy Poirier, 37 ans, et Gladys Joseph-Trottier. Détenue à l'étranger, cette dernière ne témoignera pas. Cathy Poirier avait été arrêtée avec environ 1 kg de cocaïne dissimulée dans une taie d'oreiller remplie de champignons séchés en janvier 2011. Pour sa part, Gladys Joseph-Trottier transportait environ 2 kg de cocaïne à son retour à Montréal en juillet 2009. Toutes les deux ont écopé d'une peine d'emprisonnement.

L'enquêteuse au dossier, la sergente Lise Léveillée, de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), a expliqué hier au tribunal avoir rencontré Francine Desormeaux dans une prison haïtienne pour enregistrer une déposition sous serment. « Elle avait une certaine crainte de M. Victor, mais elle voulait faire la bonne chose », a dit la policière. La « mule » avait fait trois autres importations de drogue pour le compte des accusés avant d'être pincée, a-t-elle ajouté. Elle a été rapatriée au pays en 2014.

Homme d'affaires bien connu

Impassible dans le box des accusés, Dejean Victor était un homme d'affaires bien connu dans la communauté haïtienne montréalaise avant son arrestation. Il était propriétaire du Pavillon Marquette, une résidence pour personnes âgées du Plateau-Mont-Royal, et du complexe Cristina, une salle de réception de Saint-Léonard.

Dejean Victor aurait fui une prison haïtienne pendant le tremblement de terre de janvier 2010, alors qu'il était en attente d'être jugé pour possession de cocaïne à l'aéroport de Port-au-Prince. Il était revenu au Québec par un vol humanitaire.

Il avait affirmé devant la cour à Montréal en 2015 avoir été forcé de sortir de la prison par d'autres personnes et qu'il venait tout juste d'être blanchi par les autorités haïtiennes. Notons que ces allégations n'ont rien à voir avec les accusations déposées contre M. Victor dans le présent procès.

La coaccusée Merlande Dont, 45 ans, n'est pas détenue pendant le procès présidé par la juge Dominique B. Joly. Les accusés sont défendus par Me Elise Gravel et Me Peter Georges-Louis.




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