Procès Djermane-Jamali: un expert décortique des vidéos djihadistes

El Mahdi Jamali et Sabrine Djermane... (Photo déposée en Cour)

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El Mahdi Jamali et Sabrine Djermane

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Plusieurs chants et vidéos découverts dans les appareils électroniques et les comptes Facebook de El Mehdi Jamali et Sabrine Djermane, ces Montréalais accusés de terrorisme, ont été produits par des groupes djihadistes ou en font l'apologie, selon un expert de la couronne.

Au procès du jeune couple, un policier de la GRC spécialiste de l'extrémisme djihadiste, Tarek Mokdad, passe en revue des dizaines de vidéos et d'extraits audio dont les liens ont été trouvés par la police dans les appareils électroniques saisis en 2015 aux domiciles des accusés ainsi que lors de l'analyse de leurs comptes sur les réseaux sociaux.

On y voit notamment des discours de membres influents des groupes terroristes Al-Qaeda et groupe armé État islamique et de la propagande visant à convaincre les jeunes musulmans de quitter l'occident pour aller s'établir en Syrie.

M. Mokdad a souligné l'importance de certains extraits audio qui servent selon lui de thèmes musicaux dans des vidéos de propagande du groupe armé État islamique ou qui visent à remonter le moral des djihadistes et «sont régulièrement chantés par les moudjahidin (combattant de la foi qui fait le Djihad) en période de repos».

Le policier a aussi identifié des individus dont les photos ont été trouvées dans les appareils électroniques. L'un est un américain qui a été le premier djihadiste venu des États-Unis à commettre un attentat suicide en Syrie. Un autre est un des anciens leaders du groupe armé État islamique «très connu au sein des djihadistes» qui est mort en 2014.

Tarek Mokdad a attiré l'attention du jury sur des liens envoyés lors de conversations sur Facebook entre El Mehdi Jamali et sa copine Sabrine Djermane.

Un des liens réfère à un article d'un journal français intitulé «Le guide la parfaite épouse du djihad».

Ce qui est important dans cet article, a fait valoir le témoin, c'est qu'il offre un lien vers une copie traduite d'un guide publié par une brigade de femmes de l'EI qui est «très important pour l'aspect féminin» de la vie dans les territoires de l'EI. «Il clarifie le rôle des femmes musulmanes et à quoi elles peuvent s'attendre lorsqu'elles vont dans les territoires de [l'EI.]»

Lors d'une autre conversation, dans laquelle Sabrine Djermane demande à son amoureux de lui envoyer des «fous vidéos», ce dernier répond par un lien vers une vidéo dans laquelle un citoyen britannique, supporteur connu de l'EI et de la cause djihadiste, fait l'éloge d'un Australien très actif dans le recrutement en ligne pour le compte des djihadistes.

Ce matin, le jury a également regardé la vidéo de l'exécution du journaliste américain James Foley, diffusée sur internet en aout 2014 et que El Mahdi Jamali a reçu sur Facebook dans le cadre d'une discussion sur ce sujet avec un tiers.

La vidéo est intitulée «un message à l'Amérique». On y voit James Foley, kidnappé par les djihadistes à la frontière turco-syrienne en 2012, lisant une déclaration dans laquelle il blâme les États-Unis pour sa mort.

Un homme masqué et tout habillé de noir, connu sous le pseudonyme de Jihady John, lui coupe ensuite la tête avec un couteau. Cette portion particulièrement violente a été caviardée pour les jurés.

Tarek Mokdad a expliqué que Jihady John est devenu, dans le monde djihadiste, «le symbole de la mort».

Son témoignage se poursuit aujourd'hui.




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