Le jury séquestré au procès pour meurtre de Randy Tshilumba

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La défense soutient que Randy Tshilumba souffre d'une maladie mentale qui l'empêchait de discerner le bien du mal au moment du crime.

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Du meurtre prémédité à la non-responsabilité criminelle pour troubles mentaux, le jury devra choisir entre quatre verdicts au procès pour meurtre de Randy Tshilumba. Isolé depuis hier, le jury n'a pas été informé d'un possible conflit d'intérêts du psychiatre-expert de la défense Louis Morissette, connu pour son témoignage au procès de Guy Turcotte et pour avoir été acquitté de parjure dans un procès pour meurtre. Survol.

DISCERNER LE BIEN DU MAL

Le 10 avril 2016, Randy Tshilumba entre dans un supermarché Maxi du quartier Saint-Michel à Montréal et poignarde Clémence Beaulieu-Patry à une quinzaine de reprises avant de prendre la fuite et de se cacher dans les toilettes d'un restaurant Tim Hortons. L'accusé de 21 ans a admis avoir tué ce soir-là son ex-camarade de classe du secondaire. Or, il a martelé pendant le procès qu'il croyait que Clémence Beaulieu-Patry et quatre autres jeunes femmes menaçaient de le tuer depuis des mois. Ainsi, la défense soutient que Randy Tshilumba souffrait d'une maladie mentale qui l'empêchait de discerner le bien du mal au moment du crime. Deux psychiatres-experts de la défense lui ont diagnostiqué une « schizophrénie paranoïde » et un « trouble délirant ». Au contraire, la Couronne maintient que Randy Tshilumba a planifié son meurtre et savait que son geste était mauvais.

LE VERDICT DE NON-RESPONSABILITÉ

Les 12 jurés resteront coupés du monde extérieur jour et nuit jusqu'à ce qu'ils arrivent à une décision unanime. D'abord, ils devront déterminer si Randy Tshilumba est criminellement responsable de la mort de Clémence Beaulieu-Patry. Pour arriver au verdict de non-responsabilité, deux conditions doivent être remplies : Randy Tshilumba souffrait-il d'un trouble mental au moment du drame ? Et est-ce que cela le rendait incapable de juger de la nature de son geste ou de savoir que son geste était mauvais ? Le jury n'a pas à être persuadé hors de tout doute raisonnable que c'était le cas et peut seulement juger que cela était probable. Ce verdict ne signifie pas l'acquittement de l'accusé.

INTENTION ET PRÉMÉDITATION

Si le jury détermine que Randy Tshilumba est criminellement responsable de la mort de Clémence Beaulieu-Patry, il devra choisir entre trois possibilités : meurtre prémédité, meurtre non prémédité et homicide involontaire. L'intention et la préméditation de l'accusé seront au coeur des délibérations. Le jury doit avoir été persuadé hors de tout doute raisonnable par la Couronne que Randy Tshilumba a tué Clémence Beaulieu-Patry de façon préméditée et délibérée pour rendre un verdict de meurtre prémédité. Dans le cas contraire, une question déterminante : l'accusé avait-il l'intention de causer la mort de la jeune femme ou de lui infliger des blessures, sachant que cela pourrait la tuer ? Si oui, il sera déclaré coupable de meurtre non prémédité; sinon, un verdict d'homicide involontaire sera rendu.

CE QUE LE JURY NE SAIT PAS

Maintenant que le jury est isolé, des éléments qui n'ont pas été présentés en preuve peuvent être publiés. À l'étape des plaidoiries, la procureure de la Couronne Catherine Perreault a jeté un pavé dans la mare en demandant de contre-interroger à nouveau le psychiatre de la défense Louis Morissette, qui a diagnostiqué un « trouble délirant » à l'accusé. Quelle était l'urgence ? L'avocate avait appris la veille que le psychiatre avait traité pour un choc post-traumatique, en mai 2017, le gérant du Maxi en poste le soir du meurtre. Or, huit jours plus tôt, le psychiatre avait rencontré Randy Tshilumba. Le gérant du supermarché avait participé aux manoeuvres de réanimation de Clémence Beaulieu-Patry, mais il n'a pas témoigné au procès.

Selon la Couronne, il était justifié d'interroger à nouveau le Dr Morissette sur ce « potentiel conflit d'intérêts ». La juge Di Salvo a toutefois rejeté cette demande. « Vu le moment particulier et exceptionnel que serait présentée cette preuve, soit au moment des plaidoiries, et considérant la très faible valeur probante de ces éléments de preuve, leur utilité pour le jury est quasi nulle »,a-t-elle tranché.

ACQUITTÉ DE PARJURE ET D'ENTRAVE À LA JUSTICE

Les démêlés avec la justice du psychiatre Louis Morissette, acquitté de parjure et d'entrave à la justice en 2011, n'ont pas été abordés pendant le procès. Le témoin-expert de la défense avait été accusé en 2009 de s'être parjuré pendant le procès de Francis Proulx pour le meurtre de Nancy Michaud, attachée politique du ministre Claude Béchard. Le Dr Morissette avait également fait la manchette comme témoin-expert de la défense pendant le second procès de Guy Turcotte pour le meurtre de ses deux enfants. Il avait conclu que Guy Turcotte avait eu le jugement altéré après avoir avalé du lave-glace pour se suicider. Le second témoin-expert de la défense au procès de Randy Tshilumba, la psychiatre France Proulx, avait également témoigné au procès Turcotte. Elle avait cependant conclu à la responsabilité criminelle de l'accusé.




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