Randy Tshilumba était persuadé que la victime «voulait le tuer»

Randy Tshilumba... (Photo déposée en Cour)

Agrandir

Randy Tshilumba

Photo déposée en Cour

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Le jeune homme accusé du meurtre survenu dans un Maxi en 2016 souffrait de «troubles mentaux», plaide la défense.

«Clémence et ses amies voulaient me tuer.» Cette phrase lapidaire, Randy Tshilumba l'a martelée des dizaines de fois, toujours sans émotion, hier, à la barre des témoins lors de son procès pour meurtre prémédité devant jury. Au moment de tuer violemment Clémence Beaulieu-Patry pour «protéger» des clients du Maxi, Randy Tshilumba avait des «idées délirantes» et souffrait déjà d'un problème de santé mentale, entend démontrer la défense. Récit.

Des «idées délirantes»

«Randy ne s'est pas inventé une maladie mentale pour le procès. Il y a des signes qu'elle existe avant le 10 avril 2016! Avant qu'il ne tue Clémence!», a insisté Me Philippe Larochelle hier dans son exposé introductif. Le geste «tellement brutal» de Randy Tshilumba «commande une explication», affirme-t-il. En présentant sa preuve, Me Larochelle compte aller «dans la tête de Randy» pour comprendre son «délire». Deux psychiatres viendront témoigner que les «troubles mentaux de Randy sont associés à des idées délirantes à l'égard de Clémence et de ses amies». L'homme de 21 ans est détenu à l'hôpital psychiatrique Philippe-Pinel.

«Les gens me veulent du mal»

Randy Tshilumba commence à craindre pour sa sécurité à l'automne 2014, un an et demi avant le meurtre, à force de consulter une page Facebook de messages anonymes. En comparant leurs styles d'écriture, il conclut que Clémence Beaulieu-Patry et ses quatre amies lui «veulent du mal». Presque tous les jours, il scrute sur son téléphone ces messages anonymes, mais ne note pas leur contenu. «Je ne me sens pas en sécurité. Ma vie est en danger, les gens me veulent du mal, ils veulent me tuer», témoigne-t-il.

Obnubilé par la page «Spotted»

Randy Tshilumba devient obnubilé par cette page Facebook «Spotted». Ses résultats périclitent au cégep et il n'arrive plus à dormir. Il consulte un médecin qui lui diagnostique une dépression et de l'anxiété. «Pourquoi ces personnes me veulent du mal? Pourquoi elles veulent me tuer? J'étais anxieux. J'étais désemparé», raconte-t-il. Debout à la barre des témoins, Randy Tshilumba témoigne d'une voix neutre, en bégayant légèrement, et sans jamais hausser le ton.

Couteau de chasse

À l'été 2015, Randy Tshilumba croise dans la rue deux des meilleures amies de Clémence Beaulieu-Patry. «Ça m'a terrifié. Ça m'a prouvé qu'elles me suivaient», assure-t-il. Il évite de leur parler, complètement terrifié. «J'ai eu trop peur.» Quelque temps plus tard, il se procure un couteau de chasse pour se protéger. «C'était inconcevable de ne pas avoir un couteau au cas où ces filles-là m'attaquaient. Je l'avais toujours sur moi pour me protéger», explique-t-il. «Ça m'a convaincu que ces filles m'espionnaient et voulaient me tuer», a-t-il répété.

Emploi au Maxi

À l'automne, Randy Tshilumba travaille trois jours au supermarché Maxi du quartier Saint-Michel où le meurtre a eu lieu. Il voit alors Clémence Beaulieu-Patry pour la première fois depuis des années. Apeuré, il se cache dans la salle des employés. «J'ai compris qu'elle m'espionnait», dit-il. Sa session au cégep est catastrophique. «Sortir de chez moi était un risque. Elles se cachaient derrière les voitures», croit-il. Il cesse d'aller à l'école. «C'était insupportable. Je courais jusqu'à chez moi pour éviter les balles éventuelles que Clémence et ses amies pourraient me tirer.»

Consultation d'unE médecin

Randy Tshilumba consulte une médecin pour son anxiété et ses problèmes de sommeil à la fin de 2015. Il lui confie que sa vie est en danger, mais refuse d'en dire plus pour protéger sa «vie privée». La docteure lui conseille de voir un psychologue et lui prescrit un médicament. Or, Randy Tshilumba ne prend qu'un seul comprimé. «Peut-être que les filles ont dit à la docteure de me prescrire une drogue», se dit-il. Sans assurances, il ne voit aucun psychologue. À l'hiver, il parle de ses craintes à ses proches, mais son meilleur ami John le traite alors de «fou».

Pour faire la «paix»

C'est pour faire la «paix» avec Clémence Beaulieu-Patry qu'il se rend au Maxi le soir du 10 avril, armé d'un couteau de chasse. «Je voulais la convaincre de ne pas me tuer », dit-il. «Clémence m'a pointé, [...] et j'ai compris qu'elle allait sortir un gun de sa poche [pour] me tirer et tirer les autres clients. Je me suis défendu », explique-t-il. «Complètement paniqué», il poignarde Clémence pour «protéger les clients». La jeune employée de 20 ans a reçu une dizaine de coups de couteau au dos, au cou et au thorax. Elle a désespérément tenté de se défendre. Le témoignage de l'accusé se poursuit aujourd'hui.




publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer