La Couronne demande deux ans de prison pour Michael Applebaum

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L'ancien maire Applebaum, lors d'une comparution précédente au palais de justice.

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La Couronne demande deux ans de prison pour Michael Applebaum, «premier maire» de Montréal à avoir été arrêté.

«Nous suggérons une peine importante, raisonnable. Avec les dossiers de corruption, le message doit être clair», a fait valoir Me Nathalie Kleber, mercredi, alors qu'on débattait de la peine à imposer à l'homme de 53 ans. Si elle admet qu'une peine dans la communauté est possible, Me Kleber trouve que ce n'est pas indiqué dans le présent cas.

Au terme de son procès,  à la fin janvier, l'ex-maire d'arrondissement qui fut aussi maire par intérim de Montréal, a été déclaré coupable d'abus de confiance, fraude contre le gouvernement,  et corruption. Il a obtenu des pots-de-vin pour avantager deux projets immobiliers dans son arrondissement, entre 2006 et 2011.

Trop lourde 

Me Pierre Teasdale, en défense, estime qu'une peine de deux ans de prison est disproportionnée. Il suggère plutôt une peine avec sursis de 12 à 15 mois, ou une «peine mixte» qui pourrait comprendre de la prison à la maison, des travaux communautaires, et au pire, de la prison discontinue. Le fait de passer au travers du système de justice criminelle, surtout dans une cause médiatisée comme celle de M. Applebaum, contribue déjà à la peine, a soutenu Me Teasdale.

M. Applebaum est père de trois enfants. Plus tôt dans la journée, l'avocat a appelé le fils de M. Applebaum à la barre.  Très émotif, d'une voix tremblante et parfois en larmes, Dylan Applebaum, 23 ans, a dit craindre pour la santé physique et mentale de son père, si ce dernier se retrouvait en prison. Le jeune homme a vanté les qualités humaines de son père, et parlé de ses ennuis de santé. Son père n'est plus le même homme depuis que les accusations ont été déposées contre lui. Il pleure souvent, «c'est tellement dur», a-t-il dit.  Malgré tout, son père offre toujours un soutien indéfectible aux membres de sa famille, notamment à sa mère, qui est âgée et malade.

Agent immobilier

M. Applebaum était agent immobilier auparavant, et il a continué ce travail quand il a été élu conseiller dans l'arrondissement de Côte-des-Neiges et Notre-Dame-de-Grâce. Au fil des ans, ses responsabilités se sont accrues et il a fini par abandonner le métier d'agent d'immeubles. Après son arrestation, en juin 2013, il est revenu à ce métier, dans le but de nourrir sa famille, mais ce fut difficile.

Salvatore Sansalone, courtier immobilier agréé, a expliqué qu'il avait embauché M. Applebaum, il y a trois ans. Il le connaissait bien et avait pleine confiance en lui. M. Applebaum  n'a vendu qu'une propriété en trois ans, ce qui lui aurait rapporté un peu plus de 12 000 $. C'était difficile car des clients refusaient d'être représentés par M. Applebaum, en raison de la mauvaise publicité des médias à son endroit, a-t-il dit. Il arrivait même que des agents d'immeubles refusent d'y travailler à cause de la présence de M. Applebaum.

Une lettre écrite par le rabbin Alan W. Bright, qui connaît bien M. Applebaum, a été remise au juge. Le rabbin implore la clémence de la Cour. M. Applebaum est un homme brisé, qui a contemplé le suicide, fait valoir la lettre.

La juge Louise Provost rendra sa décision le 30 mars.




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