Suicide de son fils: un père plaide coupable pour mauvais entreposage d'arme à feu

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C'est une affaire d'une infinie tristesse. Le Lavallois Réjean Bergevin a plaidé coupable, hier, à une accusation de mauvais entreposage de l'arme de chasse avec laquelle son fils s'est donné la mort, il y a quatre ans. Olivier Bergevin avait 19 ans et luttait contre la dépression et des troubles anxieux au moment de sa mort.

L'arme et les munitions n'étaient pas rangées à leur place sécuritaire habituelle, selon un résumé des faits qui a été présenté devant le juge de la Cour du Québec Jean Roy, hier. Revenu de la chasse une dizaine de jours auparavant, Réjean Bergevin avait laissé son arme sur son établi, dans le but de la nettoyer. Les munitions étaient à deux mètres de l'arme, dans un endroit non verrouillé. L'arme avait un pontet de verrouillage, mais il appert que le fils a réussi à faire le code pour le déverrouiller.

Le drame est survenu le soir du 9 décembre 2012, alors qu'Olivier se trouvait chez son père.

Ses parents étaient séparés, et il résidait habituellement avec sa mère, à Saint-Hubert. Celle-ci était inquiète pour son fils et avait avisé le père qu'Olivier était dépressif.

Une promenade

Dans la journée, le père, ingénieur forestier et président d'entreprise, a travaillé de chez lui pour être avec son fils. Il a donné l'antidépresseur à Olivier, mais il n'a pas constaté que celui-ci était suicidaire. Vers 19h30 ce soir-là, le jeune homme a avisé son père qu'il voulait aller faire une promenade. Le père a consenti. Une heure et demie plus tard, la mère, Marlène Gauthier, a appelé le père pour savoir à quelle heure lui et Olivier allaient arriver chez elle. M. Bergevin a alors signalé qu'Olivier était parti faire une marche.

Inquiète, elle lui a demandé de partir à sa recherche. M. Bergevin a entrepris des recherches, qui se sont avérées vaines. Il a alerté le 9-1-1 et constaté qu'il lui manquait un couteau et une arme. En début de nuit, vers 2 h, les policiers ont avisé M. Bergevin que le corps de son fils avait été retrouvé dans un boisé, à un kilomètre de son domicile. Il s'était tiré une balle dans la tête. Le père a été terrassé par cette nouvelle. La mère a été anéantie.

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Olivier Bergevin

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Accusé

Dans la foulée de cette malheureuse affaire, M. Bergevin a été accusé de négligence criminelle causant la mort avec une arme et de mauvais entreposage d'arme à feu. La première accusation a été abandonnée, hier, et M. Bergevin a plaidé coupable à la seconde.

Prenant la parole devant le juge, hier, M. Bergevin a indiqué qu'il regrettait amèrement ce qui était arrivé. «J'ai perdu un fils et j'aurai à vivre avec cette peine pour le restant de mes jours. Le décès de mon garçon est l'épreuve de ma vie.»

Du même souffle, M. Bergevin s'est excusé à son ex-conjointe.

M. Bergevin, qui était représenté par Me Stephen Angers, a écopé d'une peine suspendue, d'une probation de deux ans et donnera 5000 $ à la bourse Oli pour la vie, qui a vu le jour dans la foulée du suicide de son fils. Cette bourse sert à aider des jeunes qui, comme Olivier, souffrent de dépression et d'anxiété. Des amis d'Olivier ont aussi composé et enregistré une chanson pour lui.

Poursuite abandonnée

En 2015, Mme Gauthier avait intenté une poursuite civile contre M. Bergevin pour la mort de leur fils, leur seul enfant. Cette poursuite a été abandonnée quelques mois plus tard.

Mme Gauthier n'était pas présente, hier, mais elle avait envoyé une lettre pour exprimer sa douleur.

«Je suis morte le 11 décembre 2012, quand j'ai appris que mon fils unique Olivier a cessé de vivre. Une mort qui aurait pu facilement être évitée par quelqu'un en qui nous avions mis notre confiance... Nous avions fait la promesse de le protéger de lui-même à partir de l'automne 2012, de ne jamais le laisser seul ni dans la maison ni dans sa chambre trop longtemps. Il fallait lui changer les idées... Olivier voulait tant revivre», a écrit la femme, qui avait cessé de travailler pour accompagner son fils dans son épreuve. Celui-ci avait développé des troubles anxieux et dépressifs après un accident de voiture, en 2011. Selon la lettre, le jeune homme avait manifesté «à des psychiatres et à ses parents» sa peur d'utiliser les armes de son père, dont il connaissait le code et le maniement.




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