La Couronne demande six ans de prison pour l'auteur jeunesse Maxime Roussy

Maxime Roussy, photographié au palais de justice, le... (Photo Patrick Sanfaçon, ARCHIVES La Presse)

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Maxime Roussy, photographié au palais de justice, le 7 mars 2016.

Photo Patrick Sanfaçon, ARCHIVES La Presse

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La Couronne demande six ans de prison pour l'auteur jeunesse Maxime Roussy, reconnu coupable de plusieurs accusations à caractère sexuel envers une adolescente. La défense suggère pour sa part de 15 à 18 mois, et une probation de trois ans.

Les faits se sont produits entre le 4 juillet 2006 et le 5 mars 2011, alors que la jeune fille était âgée de 12 à 16 ans.

La procureure de la Couronne Caroline Dulong a insisté sur la gravité des crimes, qui constituent aussi de l'abus de confiance par une personne en autorité, a-t-elle soutenu. La victime était fan des écrits de Roussy, auteur notamment du Blogue de Namasté et de la série Pakkal, qui furent très populaire. Elle a rencontré Roussy une première fois dans un salon du livre, et de fil en aiguille, ils ont entrepris des échanges sur l'internet. L'adolescente est tombée amoureuse de l'auteur, et les échanges sur l'internet ont pris une tournure sexuelle à partir de décembre 2007. Les premiers contacts sexuels sont survenus plus tard, alors qu'elle avait 14 ans. Il y en a eu une dizaine en tout, au cours desquels Roussy l'a initié au sadomasochisme. Me Dulong a fait valoir que le sadomasochisme impliquait une violence supérieure à une agression sexuelle simple.

La Couronne n'a présenté aucun témoin, mais a remis une lettre provenant de la victime à la juge Dominique B. Joly. La jeune fille y détaille les impacts que cette «relation nocive» a eus sur sa vie, dont perte de confiance et d'estime de soi, désespoir, hospitalisation en psychiatrie. Elle raconte avoir été longtemps torturée par la culpabilité du fait d'avoir porté plainte à la police. La jeune fille explique aussi que son apparent détachement est loin de la réalité.

En défense, Me Valentina Corsetti a fait valoir que les gestes ne correspondaient pas à la personnalité de M. Roussy, et que celui-ci avait vu sa belle carrière réduite à néant avec cette affaire. «Il n'a plus d'emploi, plus de revenu. C'est plus qu'une perte d'emploi, son nom était son entreprise», a-t-elle dit. Elle a déposé une lettre indiquant que Québecor a mis fin au contrat de publication qui l'unissait à M. Roussy, vu qu'il a été déclaré coupable.  Rappelons que l'homme de 41 ans a été déclaré coupable entre autres d'agression sexuelle armée, leurre, et fabrication de pornographie juvénile. Il est également coupable de bris de conditions, pour avoir tenté de décourager la victime de maintenir ses accusations.

Départager

La juge Dominique B. Joly est restée un peu perplexe devant les représentations. Au regard de la preuve, il est évident pour elle que la victime avait des problèmes personnels avant même de rencontrer Roussy. Elle s'était déjà renseignée sur le sadomasochisme et avait participé à des échanges avec des hommes sur internet, par le biais de sa webcam. Elle avait des tocs sexuels. Comment faire alors pour départager les séquelles découlant des gestes de Roussy et celles qui étaient déjà présentes quand elle l'a connu?

Me Dulong a rétorqué que les choses ont bien évolué, et que l'on vit aujourd'hui dans un monde «hypersexualisé.» Le fait que la victime ait lu sur le sadomasochisme à un très jeune âge démontre une certaine curiosité. Ce n'est «pas souhaitable», mais ça ne change rien aux dommages causés par Roussy. La jeune fille était une enfant et n'avait pas le droit de consentir, ce que la juge a d'ailleurs reconnu dans son jugement.

La juge Joly rendra sa décision en mars. Il a noté que M. Roussy, détenu depuis le mois de décembre, en appelle du verdict.




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