Montréal-Nord: agressé, il maintient avoir été pris pour un policier

Le dépanneur où l'agression a eu lieu est... (Photo Robert Skinner, Archives La Presse)

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Le dépanneur où l'agression a eu lieu est situé dans la rue Pascal entre les rues Lapierre et Rolland.

Photo Robert Skinner, Archives La Presse

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Daniel Renaud
La Presse

Le client d'un dépanneur, battu au début du mois de mai dans le quartier Montréal-Nord, maintient que c'est parce que les suspects l'ont pris pour un policier qu'ils l'ont agressé.

Sous serment, Daniel De Ladurantaye a raconté, le 11 juillet dernier, l'agression dont il a été victime à l'enquête préliminaire des trois suspects dans cette affaire, Johnbacker Joseph, 26 ans, Daniel Alexander Artiga Padilla, 24 ans, et Jocelyn Paul, 29 ans.

Le gestionnaire de projets a affirmé que c'est pour partager une bière avec une connaissance, un certain Paul, employé du dépanneur Pascal, qu'il s'est arrêté dans ce commerce, situé dans la rue Pascal entre les rues Lapierre et Rolland, vers 21 h 30, le soir du 4 mai. Il a raconté que, sans qu'il y ait eu provocation, une personne faisant partie d'un groupe qui se trouvait à l'extérieur, et qu'il a identifié comme étant Johnbacker Joseph, l'a soudainement pris à partie.

« Il m'a regardé dans la face et il m'a dit : "Toi, tu es une police ! Tu n'as pas d'affaire icitte ! Décâlisse" », a-t-il dit.

Selon sa version, il est ensuite entré dans le dépanneur pour acheter de la bière destinée à amadouer les suspects. Il a demandé à Paul d'aller leur porter et de leur dire « qu'il n'était pas une police », a-t-il expliqué.

Mais lorsque le témoin est sorti du commerce, cinq personnes l'ont pris en souricière. Il affirme que Joseph, qui avait un coup-de-poing américain, a été le premier à le frapper, suivi des autres, qui étaient armés, selon lui, d'une ou de deux chaînes, et d'un bâton télescopique. L'agression a duré 15 secondes et a pris fin en raison des cris des passants et voisins. Il admet avoir lui aussi donné des coups, pour se défendre.

« En fuyant, un des gars s'est arrêté, m'a regardé et m'a dit : "La prochaine fois, c'est ça que tu vas avoir", en soulevant son chandail et en pointant une crosse de revolver », a ajouté M. De Ladurantaye.

Ce dernier a subi des blessures à l'arcade sourcilière, à la tempe, à une oreille, au nez, à la mâchoire, derrière la tête et dans le dos, photos à l'appui. Il a dû aller à l'hôpital.

CONTRE-INTERROGATOIRE SERRÉ

En contre-interrogatoire, MYves Vaillancourt et MJacky Éric Salvant ont cependant soulevé des contradictions dans la version du témoin, que le juge Daniel Bédard de la Cour du Québec avait parfois de la difficulté à suivre. Cela ne l'a toutefois pas empêché de citer les suspects à procès. La cause a été reportée au 21 septembre.

Alors que la haute direction du SPVM avait donné à ses relationnistes la curieuse directive de ne pas répondre aux questions des médias sur cette affaire, le directeur adjoint Didier Deramond avait envoyé un courriel à tous les 4500 policiers leur annonçant l'arrestation des trois suspects.

Dans le courriel, M. Deramond affirmait, citant le principal suspect, que ce dernier avait lancé des paroles en l'air et qu'il savait que M. De Ladurantaye n'était pas policier. Le suspect aurait aussi raconté que c'est la victime qui l'a d'abord abordé, et qu'il y a eu une première prise de bec avant l'agression.

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