Des centaines de millions en jeu dans un divorce

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Le procès s'est ouvert au début du mois de novembre après 10 ans d'affrontement judiciaire sans merci.

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Un richissime mais très discret homme d'affaires québécois, dont la fortune le place parmi les hommes les plus en moyens au pays, tente actuellement d'empêcher son ex-femme de mettre la main sur des centaines de millions de ses actifs.

Le procès, qui se tient dans l'une des plus grandes salles d'audience du palais de justice de Montréal, occupe une partie du gratin du Barreau depuis l'automne dernier, et pour des semaines encore.

La loi nous interdit d'identifier le couple ou de publier toute information qui permettrait de l'identifier, y compris toute donnée chiffrée sur sa fortune.

Mes Anne-France Goldwater, Suzanne Pringle et Lynne Kassie, peut-être les trois avocates en droit matrimonial les plus en vue à Montréal, sont toutes investies dans ce dossier, d'un côté ou de l'autre de la ligne de front. Mes Sylvain Lussier et Éric Simard, des poids lourds travaillant respectivement chez Osler et chez Fasken Martineau, sont aussi sur la cause. Me Suzanne Côté y était également avant d'être nommée à la Cour suprême du Canada.

Pendant une journée d'audience, avant les Fêtes, La Presse a compté une vingtaine d'avocats au total dans la salle.

10 ans de déchirements

L'ex-couple a obtenu son jugement de divorce en 2006 - prononcé par un magistrat à présent retraité - mais se déchire depuis sur la séparation de la fortune accumulée pendant leur mariage de près de 40 ans.

En 2010, déjà, la Cour supérieure a déploré le fait que l'affaire soit déjà passée - d'une manière ou d'une autre - entre les mains de «22 juges» pour «divers incidents». «La Cour supérieure du Québec ne dispose pas de ressources illimitées et ne peut tolérer de tels dérapages », a alors écrit le juge en chef François Rolland.

«L'enjeu monétaire d'un dossier ne peut, à lui seul, devenir l'instrument pour faire déraper le dossier.» - Le juge François Roland

Après 10 ans d'affrontement judiciaire sans merci, le procès s'est ouvert au début du mois de novembre. Monsieur et Madame ont tous deux témoigné devant le juge Robert Mongeon, de la Cour supérieure.

Madame tente de mettre de l'avant son rôle dans le développement des affaires de la gigantesque entreprise de Monsieur - un leader mondial dans un domaine de pointe employant des milliers de personnes.

«J'étais impliquée, consultée et appelée à donner mon opinion quant à l'administration, la direction ainsi que plusieurs décisions stratégiques concernant [l'entreprise]», a fait valoir Madame dans une déclaration sous serment. En outre, elle assure avoir été impliquée dans «les négociations d'un important bail pour le siège social européen» de l'entreprise, avoir joué un rôle significatif alors que l'entreprise faisait l'objet d'une enquête par le FBI ou encore avoir approuvé des campagnes publicitaires.

Elle demande une prestation compensatoire s'élevant à des centaines de millions de dollars.

Madame est elle-même très riche. «Elle a monté un projet d'envergure avec l'apport financier de Monsieur» dans un autre secteur d'activité, dont elle est propriétaire à 50%, selon un jugement de la Cour supérieure. Son entreprise emploie «des centaines de personnes».

L'un de ses bureaux d'avocats, Fasken Martineau, a indiqué par la voix de son associée Stéphanie Lavallée qu'aucun commentaire ne serait formulé sur la cause.

Les avocats de Monsieur n'avaient pas répondu au courriel de La Presse, hier soir.

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