Ouverture du procès de Jian Ghomeshi

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Jian Ghomeshi

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Diana Metha, Colin Perkel
La Presse Canadienne
Toronto

L'ancien animateur vedette déchu Jian Ghomeshi a été décrit lundi comme un charmeur avec un côté sombre à son très attendu procès pour agression sexuelle lors duquel son avocate a suggéré que la première femme qui a témoigné contre lui mentait.

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Lucy DeCoutere, en 2004.

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Dans un contre-interrogatoire intense, l'avocate de Jian Ghomeshi a accusé la femme d'avoir, au mieux, oublié des détails importants de sa version de ce qui s'est passé, ou dans le pire des cas, d'avoir inventé une partie de l'histoire. Malgré tout, la femme est restée calme sous les questions de Marie Henein.

Le témoin, qui ne peut être identifiée en raison d'un interdit de publication, a déclaré que l'ex-star de la CBC semblait être un gentleman humble, charmant et galant qui, sans aucun avertissement, devenait sombre et violent.

Lors de ce premier témoignage, la femme, qui avait à une époque considéré Ghomeshi comme un homme de qualité à fréquenter, a décrit comment il l'avait décontenancée en étant d'abord doux et poli pour en venir à lui tirer les cheveux si fort qu'il lui a fait mal.

«Cela semblait être comme une rage qui n'était pas là la seconde avant qu'il le fasse, a-t-elle expliqué. C'était vraiment déconcertant.»

Cet événement s'est déroulé en décembre 2002, alors qu'ils étaient assis dans la Volkswagen Coccinelle jaune de l'animateur près des édifices de la CBC à Toronto, a-t-elle déclaré dans la salle de Cour.

La femme, qui avait alors 41 ans, avait rencontré Ghomeshi dans une fête de Noël et il l'avait invitée à l'enregistrement d'une émission, après quoi ils étaient allés prendre un verre.

Ghomeshi avait flirté avec elle, mais elle n'était pas inquiète d'accepter son offre de la reconduire.

«Je me rappelle avoir pensé: il est drôle, il est intelligent, il ouvre les portes, il est le parfait gentleman.»

Après lui avoir tiré les cheveux, il a semblé redevenir l'homme charmant qu'il était plus tôt, a-t-elle dit, la laissant penser qu'il ne connaissait peut-être pas sa propre force.

«Je me suis demandé s'il avait réellement voulu me faire mal», a-t-elle dit.

Un mois plus tard, après une troisième soirée ensemble, elle a accepté d'aller chez lui.

Ils étaient debout, en train de s'embrasser lorsqu'il est allé derrière elle, a attrapé ses cheveux et l'a tirée par terre pour la faire tomber à genoux, a-t-elle dit au procureur de la Couronne Michael Callaghan.

«Au même moment, il m'a donné des coups de poing à la tête. À plusieurs reprises. J'étais terrifiée et j'ai commencé à pleurer», a-t-elle témoigné.

«Il m'a jetée comme des vidanges. Il n'avait rien à dire. Je ne savais pas ce qu'il allait faire. J'étais gelée, de peur et de tristesse».

La femme a dit qu'elle n'était jamais allée voir la police à l'époque, affirmant qu'elle ne savait pas si elle avait des recours et si on allait la croire. Mais ce qui lui est arrivé a commencé à la ronger, surtout alors qu'il gagnait en popularité et devenait de plus en plus visible.

«Quelque chose que j'essayais d'enterrer continuait de revenir à la surface et je devais revivre la violence encore et encore».

Seulement en 2014, lorsque Ghomeshi, qui a maintenant 48 ans, a écrit sur Facebook qu'il avait eu des relations sexuelles brutales, mais uniquement consensuelles avec des femmes qu'elle a commencé à penser à dévoiler ce qui lui était arrivé. Elle s'est confiée aux médias et ensuite à la police après que celui qui était alors chef des forces policières de Toronto ait encouragé les présumées victimes à parler.

En contre-interrogatoire, la femme a nié avoir été malheureuse que le populaire animateur semble avoir perdu intérêt pour elle après la rencontre initiale.

Me Henein a aussi dit que l'ancien animateur de la radio n'avait pas de Coccinelle au moment de leur rencontre.

«J'ai vu ce que j'ai vu, a répondu la femme. Cela ressemblait à cela».

Me Henein a fait beaucoup de cas de certaines divergences dans les témoignages entre ce qu'elle a déclaré à la Cour, à la police et aux médias, l'accusant même à un moment d'avoir «une mémoire fautive» ou de mentir.

«Ce n'était pas un mensonge», a dit le témoin.

«Ce n'était juste pas assez réfléchi», a-t-elle rétorqué à une autre occasion.

Me Henein, connue pour son approche sans merci, a fait dire au témoin que la police ne l'avait interrogée qu'une seule fois pendant une heure avant de déposer des accusations contre son client.

L'ancien animateur de l'émission culturelle «Q» à la radio de la CBC a plaidé non coupable à quatre accusations d'agression sexuelle et à un chef de tentative d'étranglement pour vaincre la résistance de la victime. Sa cause sera jugée par un juge seul et non un jury.

«Il s'agit d'une évidence, mais ce procès a attiré une énorme attention médiatique», a déclaré le juge William Horkins alors que le procès débutait lundi. «Je vais me concentrer sur ce qui se passe dans cette salle de cour».

Seulement une des présumées victimes peut être identifiée publiquement, soit l'actrice Lucy DeCoutere, mieux connue pour son rôle dans la série télévisée «Trailer Park Boys». Elle n'a pas encore témoigné.

Après une enquête policière, Jian Ghomeshi s'est rendu aux autorités pour faire face à de multiples accusations, un mois après son congédiement par la CBC.

En plus des quatre accusations qui feront l'objet du procès qui vient de commencer, Ghomeshi fait face à une autre accusation d'agression sexuelle, qui sera jugée lors d'un procès distinct en juin.

Le procès actuel se poursuit mardi.

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