Procès de Stéfanie Trudeau: «C'est pas normal, prenez vos caméras», a lancé un témoin

Stéfanie Trudeau... (PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE)

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Stéfanie Trudeau

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Tout a commencé par un «heille, toé!» lancé d'un ton «directeur» par la policière Stéfanie Trudeau en cette douce soirée du 2 octobre 2012. Mais là, ça dégénérait, et ce n'était pas normal.

«J'ai couru en haut, j'ai dit: "Il se passe de quoi de pas normal dehors. Prenez vos caméras" », a raconté Simon Pagé hier, alors qu'il témoignait au procès de la policière Stéfanie Trudeau, suspendue avec solde du SPVM depuis les événements. Mme Trudeau, surnommée Matricule 728, est accusée de voie de fait pour une intervention devant un atelier d'artistes. Le plaignant est Serge Lavoie, l'un des artistes qui fréquentaient l'endroit.

Le procureur de la Couronne Jean-Simon Larouche est d'avis que Mme Trudeau n'avait pas de motif pour arrêter M. Lavoie et qu'elle a utilisé une force excessive. Mme Trudeau, de son côté, demande un arrêt des procédures pour ce qu'elle considère comme une conduite abusive de l'État. Le juge Daniel Bédard a décidé d'entendre d'abord le procès et de trancher la requête ensuite.

Des images fortes

Une vidéo a abondamment circulé après les événements. Hier, la Couronne en a montré d'autres, tournées sous des angles différents. Les images sont violentes; le son, éloquent. Mme Trudeau déploie beaucoup d'efforts pour maîtriser deux hommes qui semblent ne pas résister du tout, soit Rudi Orchietti et Serge Lavoie. Elle vocifère, elle menace... Des témoins crient, s'offusquent, demandent pourquoi tout en filmant.

Selon le témoignage de M. Orchietti hier, ce soir-là, vers 21h15, il est descendu de l'atelier, une bière à la main, pour ouvrir la porte à Simon Pagé. La porte s'est refermée toute seule et ils se sont retrouvés dehors. Sur les entrefaites, Serge Lavoie est arrivé en voiture. Il avait la clé.

«Heille, toé!», a lancé une policière qui arrivait, l'air «agité,» a dit M. Orchietti.

«J'ai dit: "Madame, est-ce qu'on peut vous aider?" », a témoigné à son tour M. Pagé.

«Elle m'a dit: "Toé, je t'ai pas parlé, farme-toé." Elle a demandé les papiers à Rudi. Il a demandé pourquoi. Elle a fait le lien qu'il refusait de coopérer. Elle l'agrippe, le fait tomber. Il y a des manoeuvres pour immobiliser M. Orchietti,» a poursuivi M. Pagé.

À ce moment, M. Lavoie commence à argumenter avec la policière, parle de 728, lui lance entre autres: «Calme-toé, la grosse, tu sais pas vivre, grosse niaiseuse.» Mme Trudeau lâche M. Orchietti et se rue à la suite de M. Lavoie, qui grimpe les escaliers. Elle le rattrape, le descend, lui fait une prise.

«Calmez-vous, madame!», répète Serge Lavoie, qui se retrouve sous Mme Trudeau.

«Serge, laisse-toi faire», répète Simon Pagé de son côté.

Au terme de l'intervention, MM. Orchietti, Lavoie et Pagé ont reçu des constats d'infraction pour entrave et autres. Les accusations ont été retirées au bout de six mois. M. Pagé jure que personne ne s'est approché de la policière et que personne ne l'a touchée. Il convient que le début de l'intervention n'a pas été filmé, mais il soutient qu'il a commencé à filmer très rapidement, car tout s'est passé très vite.

Le procès se poursuit vendredi.

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