Meurtre à la fête des Mères: pas un cas de non-responsabilité criminelle, selon une psychiatre

Le Palais de justice de Montréal.... (PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, ARCHIVES LA PRESSE)

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Le Palais de justice de Montréal.

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Quand il a étranglé sa femme à la fête des Mères en 2011, Timothy Rapley savait que c'était mal. Ce n'est pas un cas de non-responsabilité criminelle. Mais son état dépressif, combiné à l'alcool et aux médicaments qu'il avait consommés au moment des événements, a pu altérer son état de conscience.

C'est un peu ce qui se dégage du témoignage tout en nuances que la psychiatre France Proulx a livré, hier, au procès de M. Rapley. La docteure Proulx estime que l'accusé avait la notion du bien et du mal. Mais le fait qu'il était désespéré et intoxiqué au moment des événements rend le travail d'évaluation plus difficile. Ses souvenirs sont très flous.

« Je suis restée avec beaucoup de questions », a-t-elle dit.

M. Rapley, 60 ans, est accusé du meurtre non prémédité de sa femme, Marilyn Chaloult, 65 ans. Elle a été étranglée dans leur domicile de Dollard-des-Ormeaux, probablement le 8 mai 2011. Son corps a été trouvé le lendemain, en début de putréfaction, dans un lit. Son mari l'enlaçait. Il était à demi conscient. Il a admis avoir tué sa femme. Il se rappelle être allé la trouver alors qu'elle était couchée, et lui avoir serré le cou avec ses mains. Elle lui a demandé ce qu'il faisait. Il n'a pas répondu. Il a serré jusqu'à ce qu'elle ne bouge plus, et cela a pris un certain temps. Il invoque un « black-out », avant et après.

M. Rapley a fait une déclaration à la police en mai 2011, et il a témoigné devant jury cette semaine.

Il était dépressif, croulait sous les dettes. Il venait de faire faillite, sa femme et lui perdaient leur maison, Hydro-Québec leur avait coupé l'électricité depuis 10 jours. Cet employé de Bombardier, qui gagnait pourtant un bon salaire, a admis qu'il buvait et jouait aux machines à sous à l'époque. Il aidait financièrement sa fille qui étudiait à Ottawa.

M. Rapley avait fait plusieurs tentatives de suicide dans les mois précédents. Il s'était tailladé un poignet avec un couteau de précision (« X-Acto »), s'était coupé à l'abdomen avec un couteau, avait tenté de se pendre dans son sous-sol, mais était plutôt tombé de l'escabeau et s'était blessé à une jambe. La fin de semaine du drame, il a bu de la bière le matin. Il avait pris de l'Ativan (un anxiolytique). Les expertises ont aussi démontré qu'il avait bu de l'alcool à friction, car il avait de l'acétone à un niveau toxique dans son organisme. Il dit qu'une voix masculine, peut-être celle de son frère ou la sienne, lui a dit : « Tue-la, tue-la. »

Il a étranglé sa femme le samedi ou le dimanche, il n'en est pas certain. C'est un crime passionnel, a fait valoir M. Rapley, alors qu'il était contre-interrogé par le procureur de la Couronne, Jacques Dagenais, cette semaine.

Me Martin Latour et Me David Petranic ont clos leur preuve en défense avec le témoignage de la Dre Proulx. Les parties plaideront demain, et la juge Éliane Perreault donnera ses directives au jury mardi prochain.

La Dre Proulx a vu M. Rapley à deux reprises en 2013 pour l'évaluer, et elle a assisté à son témoignage, mardi. Mais elle n'a pas écouté en entier la déclaration qu'il avait donnée à la police en 2011, parce qu'elle l'a obtenue seulement mardi. Ce qui a beaucoup surpris Me Dagenais, de la Couronne.

C'est la fille du couple qui a donné l'alerte, le lundi 9 mai 2011, parce qu'elle était sans nouvelles de ses parents. Étudiant à Ottawa, elle n'avait pas réussi à joindre sa mère à la fête des Mères.

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