Projet SharQc: un mégaprocès réglé d'un coup

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Daniel Renaud
La Presse

Presque six ans après la fameuse opération anti-motards SharQc, 21 membres des Hells Angels et leurs sympathisants, soit la totalité du superprocès numéro deux, plaideront coupable à une accusation réduite de complot pour meurtre lundi et mardi prochains, au Centre de services judiciaires Gouin, a appris La Presse.

Si l'on se fie à la brochette de sentences imposées aux autres accusés qui ont déjà plaidé coupable à la même accusation depuis le début des procédures, on doit s'attendre à ce que la majorité de ces futurs condamnés reçoivent des peines se situant entre 12 et 13 ans de pénitencier. En soustrayant la détention préventive calculée en double et en tenant compte de sentences déjà purgées durant la guerre des motards, tout indique que certains d'entre eux seront libérés sans condition sur le champ, alors qu'il devrait rester à la majorité un peu moins d'un an de prison à purger.

Les accusés du superprocès numéro deux, qui devait commencer trois mois après le début du premier, sont composés majoritairement de membres des sections South et Montréal des Hells Angels. Certains d'entre eux, tels Sylvain Tétreault et Frédéric Landry-Hétu, ont été arrêtés plusieurs années après l'opération SharQc, et il sera intéressant de savoir ce qu'il adviendra dans leur cas.

De l'eau dans le vin

C'est la deuxième fois depuis le début des procédures qu'un nombre aussi important d'accusés plaident coupable d'un seul coup, hormis le plaidoyer de 27 Hells Angels à la fin d'août 2013. Selon nos informations, ce coup de théâtre intervient à la suite d'intenses négociations menées ces derniers mois sous l'égide du juge en chef de la Cour Supérieure du Québec, François Rolland, qui a annoncé récemment qu'il quitterait ses fonctions en juin prochain. On peut penser qu'après presque six ans de procédures sans qu'aucun procès n'ait encore commencé, plusieurs éléments ont été pris en compte durant les discussions, notamment la longue période de détention préventive et les autres millions qui auraient été engouffrés dans un procès dont la véritable sélection du jury était envisagée pour l'automne.

L'affaire Roberge, quelques jugements défavorables et les libérations sur cautionnement obtenu ces derniers mois par quelques accusés n'ont sûrement pas facilité la tâche de la Poursuite qui a visiblement mis beaucoup d'eau dans son vin, en particulier depuis le départ, en décembre dernier, pour le Bureau d'enquête indépendante, de la procureure Madeleine Giauque, pionnière et porte-étendard de la lutte aux motards criminels depuis la fin des années 90.

Selon nos informations, d'intenses tractations sont également en cours pour fixer le sort des 28 accusés qui resteront ou, du moins, d'une grande partie d'entre eux. Les négociations seraient toutefois plus ardues pour une demi-douzaine d'entre eux contre lesquels la preuve directe est particulièrement solide. Parmi les Hells Angels qui seront toujours accusés mardi, on retrouve une quinzaine de membres de Trois-Rivières, une demi-douzaine de Sherbrooke et quelques-uns de Québec. Il est prévu que 26 accusés seront jugés dans le procès numéro un et deux autres dans un procès séparé, tenu en anglais.

Menée le 15 avril 2009, l'opération SharQc, qui visait à éradiquer les Hells Angels au Québec, comptait à l'origine 156 accusés. Moins d'une dizaine sont toujours recherchés.

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