Justin Bourque: la Couronne réclame 75 ans de prison sans libération

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Au début d'août, Justin Bourque a plaidé coupable à trois accusations de meurtre au premier degré, et deux accusations de tentative de meurtre.

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Michael MacDonald
La Presse Canadienne
MONCTON, N.-B

La Couronne soutient que Justin Bourque, le tireur de Moncton, était insatisfait de son travail et en avait contre l'industrie pétrolière, mais qu'il a visé les policiers pour ce qu'ils représentent dans la société.

En audience de détermination de la peine, lundi, l'avocat de la Couronne, Cameron Gunn, a demandé que Justin Bourque, coupable de trois meurtres au premier degré et de deux tentatives de meurtre, soit condamné à l'emprisonnement à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 75 ans.

«Il les a visés [les policiers] non pas particulièrement par animosité, ni par passion, ni par cupidité, ni par quelque motivation qu'on voit habituellement dans les peines pour meurtre», a déclaré Me Gunn à la Cour du Banc de la Reine.

«Il les a visés spécifiquement à cause de qui ils étaient, de ce qu'ils faisaient, de l'insigne qu'ils portaient, des écussons à leurs épaules, de l'uniforme qu'ils portaient.»

Bourque, 24 ans, a tué trois policiers de la Gendarmerie royale du Canada et en a blessé deux autres en juin dernier.

Un seul verdict de culpabilité pour meurtre au premier degré entraîne automatiquement l'emprisonnement à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans. Me Gunn plaide pour que cette période soit cumulative pour chaque condamnation, ce qui rendrait Bourque inadmissible à la demande de libération conditionnelle jusqu'à ce qu'il soit âgé de 99 ans.

Ce serait la sentence la plus sévère jamais accordée au Canada depuis les dernières exécutions en 1962.

«La question à laquelle il vous faudra répondre est ''Quelle est la valeur d'une vie humaine?a dit l'avocat devant une salle d'audience remplie.

Un énoncé des faits déposé au tribunal indique que les actions de Bourque étaient «planifiées et délibérées». Les agents Dave Ross (32 ans), Fabrice Gevaudan (45 ans) et Douglas Larche (40 ans) sont morts le 4 juin dans une fusillade, alors qu'ils répondaient à des appels d'urgence faisant état d'un homme qui transportait des armes à feu dans un quartier résidentiel du nord-ouest de Moncton. Justin Bourque a plaidé coupable aux accusations.

Des déclarations des proches des victimes sur les impacts de leur mort ont également été entendues, lundi. La femme de Dave Ross, Rachael Ross, a accouché d'un fils quelques semaines après la mort de son mari. Elle a parlé des difficultés d'élever seule ses deux fils. «Mon mari ne sera pas présent pour toutes les étapes importantes de la vie de mon fils. [...] Chaque étape charnière qu'ils franchiront nous rappellera qu'ils ont perdu leur père», a-t-elle dit dans un enregistrement joué devant le tribunal.

Après son arrestation, Justin Bourque a exprimé son insatisfaction professionnelle à la police et a dit qu'il voulait nuire à l'industrie du pétrole. Dans l'enregistrement de cette déclaration écouté en cour, il dit qu'il a voulu incendier des stations d'essence, mais qu'il a abandonné ces plans.

L'audience de détermination de la peine se terminera mardi.

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