Un accusé, 12 filles, une pluie de mensonges

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Walid Mustapha Chalhoub fait face à 41 accusations, incluant proxénétisme, agressions sexuelles, extorsion et séquestration.

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Voilée et vêtue d'une longue tunique qui la couvrait jusqu'aux pieds, une jeune femme a raconté hier, en Cour du Québec, comment Walid Mustapha Chalhoub l'avait saoulée à la vodka, puis emberlificotée pour qu'elle lui fasse une fellation, à l'été 2013.

«C'est un bon manipulateur, il a vu que j'étais vulnérable», a fait valoir la femme de 20 ans, qui témoignait hier à l'enquête préliminaire de Chalhoub. Onze autres jeunes femmes, dont certaines sont mineures, devraient défiler à la barre des témoins. L'homme de 32 ans fait face à 41 accusations, incluant proxénétisme, agressions sexuelles, extorsion et séquestration. Les 12 victimes alléguées sont des jeunes filles qui avaient entre 14 et 18 ans au moment des événements reprochés, entre 2011 et 2013. Il leur aurait raconté des histoires abracadabrantes pour parvenir à ses fins.

C'est Me Rachelle Pitre qui agit pour la Couronne, tandis que Me Yann Trignac défend l'accusé.

Propriétaire d'un Provigo

En ce qui concerne le premier témoin, c'est à l'été 2013 qu'elle a connu Walid, par l'entremise d'un ami commun. Walid pourrait lui procurer du travail, qui ne serait pas déclaré, avait-elle appris. Elle est allée le voir chez Provigo, où il travaillait. Il déballait des boîtes. Il lui a dit qu'il avait acheté le Provigo, ce qui a impressionné la jeune femme. «Je me suis dit: «wow, il a de l'argent»», a-t-elle relaté.

Le soir, elle est allée chez lui, comme il le lui avait demandé. Elle a été surprise de constater qu'il vivait dans un appartement très modeste, dans un vieil immeuble. Ils ont parlé de tout et de rien. Walid aurait promis de faire embaucher la jeune femme chez Provigo.

La troisième fois qu'il l'a invitée chez lui, Walid lui a demandé d'apporter son pyjama et ses comptes de banque. La jeune femme s'est exécutée.

Sur place, il voulait qu'elle passe le test - c'est-à-dire lui faire une fellation. Elle refusait. Il lui a offert de la vodka. Peu habituée à boire, elle est vite devenue ivre. Il lui a fait miroiter 80 000$ si elle venait travailler avec lui. La jeune femme ne voulait pas, car elle avait un petit ami qui allait devenir son mari. Walid disait qu'il travaillait avec un proche de la mafia. Elle a fini par lui faire une fellation.

«Je ne l'ai pas fait pour l'argent, je l'ai fait parce que je me sentais obligée», a-t-elle dit.

Elle lui a donné ses cartes bancaires. Il était censé déposer des chèques, mais il s'agissait de faux dépôts, comme elle l'a découvert par la suite quand elle s'est retrouvée avec une dette de 600$.

Semblable

Une autre jeune femme, qui avait 18 ans au moment des faits, a raconté une histoire à la fois semblable et différente, faite de promesses trompeuses, de propos absurdes et d'histoires de mafia. Il a obtenu une relation sexuelle complète, qu'il a filmée. Il a aussi obtenu 1000$ de la jeune femme, qui tentait de se sortir de ce guêpier.

L'enquête préliminaire se poursuit aujourd'hui, devant la juge Dominique Joly.




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