Un rappeur proxénète écope de 4 ans de prison

Après avoir séduit sa victime, Jahmane Bolton l'a fait... (PHOTO TIRÉE DE FACEBOOK)

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Après avoir séduit sa victime, Jahmane Bolton l'a fait travailler dans les bars de danseuses de la région de Montréal, où elle devait souvent offrir bien davantage que des «danses à dix» aux clients.

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Isabelle Hachey

Pendant près de quatre ans, il a mené un train de vie princier grâce aux milliers de dollars soutirés à la jeune femme qu'il avait carrément réduite à l'esclavage sexuel.

Mais la «chance» de Jahmane Bolton a tourné.

Le rappeur montréalais aura maintenant quatre autres années pour méditer sur ses crimes en prison. La sentence a été rendue hier par le juge Jean-Pierre Boyer, de la Cour du Québec. 

Après avoir séduit sa victime, M. Bolton l'a fait travailler dans les bars de danseuses de la région de Montréal, où elle devait souvent offrir bien davantage que des «danses à dix» aux clients. 

Le proxénète «a emmené une jeune femme naïve et amoureuse à se livrer à des activités de prostitution pendant trois ans et demi», écrit le juge Boyer dans sa décision. «Il s'est avéré un remarquable manipulateur.»

Son emprise était totale. Il faisait travailler sa victime six ou sept jours par semaine, de 16h à 3h du matin. «À l'exception de quelques jours pour le temps des fêtes, la victime ne prenait jamais de vacances», souligne le juge. 

La jeune femme rapportait 1800$ à 2800$ par semaine à M. Bolton. Alors qu'elle devait obtenir son approbation pour le moindre achat, le rappeur, qui se fait appeler Frost, produisait de coûteux vidéoclips et menait une vie de pacha dans un condo du centre-ville, dont le loyer s'élevait à 4400$ par mois. 

À plusieurs reprises, M. Bolton a battu sa victime. Un soir, il l'a forcée à aller danser vêtue de leggings pour camoufler ses jambes couvertes d'ecchymoses. «Encore aujourd'hui, la victime demeure traumatisée par ces événements», note le juge Boyer. 

La femme était terrorisée, mais n'avait pas le courage de fuir. M. Bolton lui avait fait comprendre qu'elle devrait payer une pénalité de 20 000$ à 50 000$ pour racheter sa liberté.

La violence a atteint son paroxysme dans un luxueux appartement du 1000, rue de la Commune. Cet immeuble isolé au bord du fleuve Saint-Laurent, considéré comme une forteresse par les autorités policières, a été habité par une vingtaine de mafieux, motards et autres criminels montréalais. 

M. Bolton y a séquestré sa victime pendant deux longues journées avant qu'elle ne réussisse à se réfugier chez une voisine. Elle a ensuite été prise en charge par les enquêteurs de la section Ouest du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

M. Bolton a plaidé coupable à des accusations de proxénétisme, de séquestration et de voies de fait. Mais le juge n'a pas cru à ses remords. «Rien n'indique qu'il ait effectué quelque prise de conscience qui pourrait constituer le début d'une réhabilitation.»

Ayant déjà passé 20 mois en détention préventive à la prison de Bordeaux, M. Bolton a plaidé l'insalubrité de la prison pour obtenir une réduction de peine. Le juge Boyer a rejeté sa demande: «les conditions de détention ne sortent pas de l'ordinaire», a-t-il estimé.




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