Citoyen abattu par le SPVM: une «vraie zone de non-droit»

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L'immeuble à loyer modique où Pierre Coriolan a été abattu par le Service de police de la Ville de Montréal est réservé aux locataires jugés à haut risque de tomber dans l'itinérance.

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L'immeuble à loyer modique où Pierre Coriolan a été abattu par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) mardi soir est une « vraie zone de non-droit » où les policiers négligent de se rendre lorsque les locataires appellent à l'aide, affirme la directrice de la Fédération des OSBL d'habitation de Montréal (FOHM), propriétaire des lieux.

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Claudine Laurin, directrice de la Fédération des OSBL d'habitation de Montréal, propriétaire de l'immeuble

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« La police ne vient plus quand les locataires appellent, dénonce Claudine Laurin, et quand elle vient, il n'y a pas de rapport de consigné. Il y a une rupture de confiance avec les policiers. »

La rue Robillard, où se trouve l'immeuble de 25 chambres où Pierre Coriolan habitait depuis 2008, est un minuscule tronçon où les VUS de luxe des propriétaires de condos voisins côtoient la maladie mentale et la petite violence quotidienne de la consommation de drogues dures. Les revendeurs de drogue flânent dans le secteur à toute heure du jour.

Réservé aux locataires jugés à haut risque de tomber dans l'itinérance, le HLM de briques brunes avait été le théâtre d'un meurtre au couteau en 2015.

«La police ne vient pas souvent. Ils se sacrent complètement de ce qui se passe ici.»

Martin
l'un des locataires de l’immeuble

En janvier 2015, un locataire y a été violemment battu par un autre résidant. « Les policiers ne sont jamais venus. C'est la victime elle-même qui est allée dans la rue, deux heures après avoir été battue, pour arrêter une auto de police et demander de l'aide », soutient Mme Laurin.

Devant la décision du SPVM de ne pas porter d'accusations criminelles contre l'agresseur, la FOHM a intenté quelques mois plus tard un recours devant la Régie du logement pour le faire expulser, mais le tribunal administratif a refusé la demande. « Si la police avait accepté la plainte de la victime, la cause aurait pu passer devant le tribunal de la santé mentale, qui aurait pu prendre une décision avisée. Mais [les policiers] préfèrent nous forcer à régler le problème par nous-mêmes en passant par la Régie du logement, qui n'est absolument pas outillée pour faire face à ce genre de situation », illustre Mme Laurin.

Le SPVM a refusé de commenter les affirmations de la FOHM, nous adressant plutôt au Bureau des enquêtes indépendantes, qui mène l'enquête sur la mort de Pierre Coriolan.

RENCONTRE SUR LA SÉCURITÉ DES LIEUX

Mercredi, au lendemain de la mort de M. Coriolan, Mme Laurin dit avoir reçu un appel d'une agente sociocommunautaire du SPVM pour organiser une rencontre afin de discuter, entre autres, de la responsabilité de son organisme quant à la sécurité des lieux.

« Depuis des mois, on demandait une rencontre avec les responsables des postes de quartier 21 et 22, qui couvrent le secteur, pour parler du problème d'intervention des policiers. On n'a jamais eu de suivi. On a envoyé des plaintes, mais on n'a jamais eu de réponse », soutient-elle.

« On sait très bien que c'est un milieu infiltré par des groupes criminels », reconnaît Mme Laurin. Des intervenants sociaux y sont régulièrement présents, mais l'endroit n'est pas surveillé par des gardiens de sécurité. « Ce n'est pas notre rôle de faire ce genre de surveillance. Même si je mettais un gardien de sécurité, il ne pourrait pas faire grand-chose quand 15 gars de gangs de rue débarquent dans la cour. C'est à la police de s'assurer d'avoir les ressources nécessaires pour assurer la sécurité du milieu », affirme-t-elle.




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