Disparu depuis cinq ans, un mafieux est déclaré mort

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Un juge de la Cour supérieure a ordonné au Directeur de l'État civil de dresser l'acte de décès du mafieux Giuseppe Renda, qui a été vu pour la dernière fois le 4 mai 2012.

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Daniel Renaud
La Presse

Près de cinq ans après la disparition à Montréal de Giuseppe Renda, un juge de la Cour supérieure vient d'ordonner au Directeur de l'État civil de dresser son acte de décès.

Renda, qui avait 53 ans au moment de sa disparition, s'est rendu à un rendez-vous dans la Petite-Italie, le 4 mai 2012, mais n'est jamais revenu. Sa voiture a été retrouvée et fouillée. Les enquêteurs du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ont même passé au peigne fin un immeuble du quartier Mile End à la recherche d'indices, en vain.

Les témoignages de membres de sa famille entendus ces derniers jours devant le juge Julien Lanctôt semblent vouloir donner raison à la théorie de la police voulant que Renda faisait partie du clan de l'aspirant parrain Salvatore Montagna et qu'il a été victime de la guerre entre factions de la mafia montréalaise.

Ses proches ont confirmé que Renda s'était lié d'amitié avec Lorenzo Lo Presti et Salvatore Montagna, et que sa vie a radicalement changé après leur assassinat en 2011.

À partir de ce moment, il est devenu extrêmement nerveux. Il craignait pour sa vie et la sécurité de sa famille. Il sortait peu, sauf avec des gens de confiance, transportant un pistolet Beretta et portant un gilet pare-balles. Il a fait installer des rideaux aux fenêtres de sa maison, en particulier de son solarium, pour ne pas être vu de l'extérieur. En novembre 2011, des policiers l'ont avisé que son nom figurait sur une liste de personnes à abattre.

Un dernier appel

Le 3 mai 2012, la veille de sa disparition, Renda n'allait pas bien et était anxieux. Il devait rencontrer quelqu'un le lendemain. Le 4 mai, il s'est levé à 9 h 30 et est parti à son rendez-vous une demi-heure plus tard. Vers 11 h 30, sa femme l'a joint au téléphone. Il lui a dit qu'il était avec quelqu'un et qu'il ne pouvait pas lui parler. C'est la dernière fois qu'un membre de sa famille a entendu sa voix.

Depuis sa disparition, Giuseppe Renda n'a effectué aucune transaction bancaire. Il était parti à son rendez-vous sans apporter d'effets personnels et a laissé son téléphone cellulaire dans son auto. Les quelques avis de recherche publiés par la suite par la police sont restés lettre morte.

Le SPVM n'a jamais déclaré que Renda était mort. Toutefois, en juin 2015, un enquêteur des Crimes majeurs a demandé des prélèvements d'ADN auprès de membres de la famille pour les comparer avec des cadavres à la morgue, en vain.

La loi stipule qu'une personne peut être déclarée morte sept ans après sa disparition.

«Renda n'a donné aucun signe de vie à quelque membre de sa famille à laquelle il accordait pourtant une grande importance. Selon ses proches, il est inconcevable qu'il ait pu abandonner ainsi sa famille. Si la possibilité que Renda se soit caché était certes une issue envisageable dans les mois qui ont suivi sa disparition, elle ne l'est plus aujourd'hui de façon prépondérante si l'on tient compte des indices graves, précis et concordants mis en preuve», écrit le juge Lanctôt dans sa décision rendue lundi.

Outre le Directeur de l'État civil, une compagnie auprès de laquelle Renda aurait contracté une assurance-vie de 500 000 dollars est également concernée. Il s'agit d'une importante victoire pour la famille Renda, qui était représentée par MEmmanuel Cardinal.

Giuseppe Renda était né à New York. Il était le fils de Luciano Renda et de Domenica Sciascia, et le neveu de Gerlando Sciascia, surnommé George le Canadien, qui faisait le lien entre les familles Bonanno et Rizzuto et qui a été assassiné en 1999. C'est Agostino Cuntrera, surnommé le Seigneur de Saint-Léonard -tué en 2010-, qui lui a présenté sa future femme en 1987. Giuseppe Renda n'aurait pas de lien de parenté avec Paolo Renda, consigliere du clan Rizzuto, enlevé en mai 2010 et toujours disparu lui aussi.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou à l'adresse postale de La Presse.




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