Drame à Lac-Simon: que s'est-il vraiment passé?

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La communauté algonquine de Lac-Simon se trouve encore une fois plongée dans la tourmente avec la mort de Sandy Michel, abattu par la police mercredi.

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(LAC-SIMON) Le matin de sa mort, Sandy Michel a perdu la garde de ses trois enfants, nous ont confié ses proches. Accablé, l'homme de 25 ans s'est enfermé chez lui. Vers l'heure du souper, il est sorti, une machette à la main. Un policier l'a tué. Que s'est-il passé ? L'enquête est en cours et les corps policiers n'ont pas donné leur version des faits, mais plusieurs personnes ont été témoins du drame. Voici leur version.

Machette à la main

Il est environ 19 h 30 lorsque Lence Dumont-Cheezo voit par la fenêtre son oncle Sandy, une machette à la main. Le jeune homme remarque aussi deux voitures de police. Selon ce que des sources policières ont confié mercredi à La Presse, quatre agents se sont présentés ce soir-là chez M. Michel pour une affaire de violence conjugale. En voyant la scène, son neveu se précipite dehors. L'oncle crie. Il a l'air intoxiqué. Le neveu distingue très bien la machette. Il fait encore clair. Des enfants jouent tout près. Lence l'interpelle et lui enjoint de lâcher son arme.

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John Jr Dumont-Cheezo 

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Sandy Michel

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« Lâche ton arme »

John Jr Dumont-Cheezo marche vers chez son frère Lence lorsqu'il entend des cris et remarque l'agitation qui règne dans la rue. « Je n'avais aucune idée de ce qui se passait jusqu'à ce que j'entende une voix dans un haut-parleur », dit le jeune homme. Selon ce dont il se souvient, un policier parle dans un porte-voix. « Sandy, lâche ton arme. » John Jr se met à courir vers le bruit.

Un suicide ?

C'est la panique rue Ogima. Sandy Michel refuse de lâcher son arme. « Il criait aux policiers : "Tire-moi. Tire-moi", raconte Lence. Je crois qu'il voulait se suicider. » Plusieurs voisins et des membres de la famille sont sur place. « On criait aux policiers de ne pas tirer », raconte Malinda Toski, conjointe de Lence, qui habite sur cette rue.

Embouti par une camionnette

Probablement pour désarmer l'homme, un policier fonce sur lui avec sa camionnette de police. « Mon oncle a réussi à l'éviter la première fois, raconte John Jr. Mais ils l'ont eu la deuxième. Il a été traîné sur plusieurs mètres. » Le jeune homme et son frère affirment que les agents avaient alors leur arme levée mais qu'un des policiers, le seul Algonquin présent, leur a demandé de la baisser, ce qu'ils auraient fait. « J'ai voulu aller voir mon oncle, mais ils ne m'ont pas laissé m'approcher », dit Lence.

Selon les premiers éléments de l'enquête, M. Michel... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE) - image 3.0

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Selon les premiers éléments de l'enquête, M. Michel a d'abord été happé par une voiture de police, puis il a été atteint de projectiles d'armes à feu. 

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Une balle dans la tête

Ici, les versions diffèrent. Une chose est sure, Sandy Michel a été renversé par la camionnette. « Il était sonné », disent ses neveux. Selon eux, il a perdu sa machette en tombant. Il n'est plus armé. Il tente de se relever lorsqu'un policier lui tire dessus. L'homme de 25 ans est atteint d'au moins une balle dans la tête. Selon ce qu'ont confié mercredi des sources policières, l'homme aurait plutôt assené un coup de machette sur le véhicule en se relevant. C'est à ce moment que les coups de feu auraient retenti. « Moi, je suis certain qu'il n'était pas armé. Je le sais parce que j'étais tellement frustré que j'ai moi-même cherché la machette pour m'en prendre aux policiers », admet Lence. « Ils lui ont tiré directement dans la tête. Pas dans les jambes ou dans le ventre. C'est comme s'ils voulaient le tuer », ajoute son frère John Jr.

Colère

Les proches de Sandy Michel se précipitent à ses côtés. « Il y avait du sang partout dans le visage », dit Lence, encore sous le choc. Un bon Samaritain prend le pouls de l'homme. « Il est encore là », dit-il. Puis : « Je ne sens plus rien. » La petite foule est en colère. Plusieurs tentent de s'en prendre physiquement aux policiers. « On était tellement fâchés. On ne comprenait pas ce qui venait de se passer. C'est allé tellement vite », raconte Lence.

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