Un adolescent victime d'une attaque à la poudre corrosive

Joseph Ammari affirme que, selon son médecin, il... (PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE)

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Joseph Ammari affirme que, selon son médecin, il aurait pu souffrir d'une cécité permanente si la poudre avait atteint ses yeux, ou mourir si elle s'était infiltrée dans sa bouche.

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Un adolescent a reçu une substance corrosive sur la tête, dans un corridor de son école secondaire, jeudi dernier à Laval. Le jeune garçon de 15 ans a été brûlé au troisième degré et devra peut-être subir une opération.

Joseph Ammari discutait avec deux amis tout près des casiers de l'école Saint-Maxime lorsqu'un autre élève est arrivé par-derrière et lui a versé une poudre sur les cheveux. La poudre en question, de l'hydroxyde de sodium, est très corrosive. Elle est descendue sur son cou et dans son dos.

«Le médecin m'a dit que si j'en avais eu dans les yeux, je serais aveugle, et que j'en avais eu dans la bouche, je serais mort», raconte-t-il à La Presse, encore bouleversé par les événements. Le jeune garçon s'est précipité à l'extérieur pour se débarrasser de la poudre, qu'il savait dangereuse. «Après cinq minutes, ça a commencé à brûler. J'ai commencé à me laver, mais mes cheveux tombaient.»

Le fautif, lui aussi un élève de quatrième secondaire de la polyvalente, était dans sa classe de science et souhaitait «faire une blague» à Joseph Ammari. Il s'est excusé par message texte après les événements.

Lisa Qazzaz, la mère de Joseph, dit qu'elle ne portera pas plainte contre l'élève.

Elle pense que le jeune garçon «commence sa vie» et elle ne souhaite pas lui mettre «un casier judiciaire dans les pattes». La dame en veut toutefois à la direction de l'école, qui supervise mal l'utilisation de la poudre en classe, selon elle. «Il faudrait plus de sécurité, c'est ce que je demande pour tout le monde. Ce n'est pas normal que le jeune puisse sortir de sa classe et faire ça», ajoute-t-elle.

La direction de l'école Saint-Maxime et la Commission scolaire de Laval n'ont pas rappelé La Presse. Il nous a été impossible de savoir si l'adolescent fautif a été sanctionné.

«Je suis vraiment stressé. J'ai 15 ans et je devrai peut-être subir une opération à la tête. Pas à la main, pas au bras, à la tête! Je trouve ça inacceptable comme situation», renchérit la jeune victime. Même s'il a perdu beaucoup de cheveux, il n'a pas encore décidé s'il se fera opérer par un chirurgien plastique pour traiter ses blessures.

NaOH

L'hydroxyde de sodium, cristal de formule chimique NaOH, est un mélange fortement alcalin de sodium, d'oxygène et d'hydrogène. Il est notamment utilisé pour fabriquer du savon et pour déboucher les canalisations.

«Ce n'est pas de la petite vache, c'est beaucoup plus fort. Juste l'humidité à la surface de la peau va créer une solution basique qui va attaquer la peau», explique Alain Lachapelle, professeur de chimie au collège André-Grasset.

L'utilisation de l'hydroxyde de sodium, aussi appelé soude caustique, doit se faire en milieu contrôlé. Le Code du travail français, par exemple, interdit aux jeunes travailleurs de moins de seize ans d'utiliser cette substance.

La CSST en réglemente aussi l'utilisation au Québec, en imposant l'utilisation de dispositifs de protection, notamment le port de gants et de lunettes, ainsi qu'un dispositif de protection des voies respiratoires.

Il nous a été impossible de connaître les mesures prises par le ministère de l'Éducation pour réglementer son usage dans les écoles secondaires.

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