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Un attentat inattendu au restaurant La Cantina

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Un cocktail Molotov a été lancé contre la façade du restaurant La Cantina.

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Daniel Renaud
La Presse

Le mot « surprise » était sur toutes les lèvres des sources des milieux policiers et judiciaires interrogées hier par La Presse au sujet de l'engin incendiaire lancé dans la nuit de dimanche à lundi contre un restaurant de Montréal autrefois étiqueté au clan sicilien de la mafia.

Il était environ 1h lorsque le système d'alarme a retenti au restaurant La Cantina, situé boulevard Saint-Laurent près de Legendre, dans le nord de la métropole.

À leur arrivée sur les lieux, les policiers ont constaté qu'un cocktail Molotov avait été lancé dans l'établissement. Les pompiers ont rapidement circonscrit les flammes et les dégâts sont limités.

Les enquêteurs des crimes contre la propriété de la police de Montréal, section des incendies criminels, ont ouvert une enquête et à première vue, cette affaire a toutes les apparences d'un avertissement.

Copropriétaire assassiné

À l'été 2009, l'un des copropriétaires du restaurant, Federico Del Peschio, a été tué dans le stationnement de La Cantina.

Del Peschio était très proche du vieux parrain, Nicolo Rizzuto, avec lequel il a été emprisonné au Venezuela pour trafic de cocaïne durant les années 80, et de son fils aîné, Vito Rizzuto. Ce dernier fréquentait régulièrement La Cantina avant d'être arrêté en janvier 2004 pour répondre d'un triple meurtre commis à New York en 1981.

Le meurtre de Federico Del Peschio a marqué le début de l'escalade de violences qui a mené au putsch raté contre les Rizzuto dans les deux années qui ont suivi.

Instabilité et tensions

Si La Cantina a déjà été considérée comme un établissement fréquenté surtout par les Siciliens à l'époque de Del Peschio, elle ne serait plus étiquetée à un clan en particulier de nos jours, nous disent nos sources.

Celle-ci croit donc que les enquêteurs ne devront pas seulement examiner des hypothèses liées au crime organisé pour établir le mobile de l'attentat.

En revanche, alors qu'une accalmie règne au sein de la mafia depuis la vague de meurtres qui a suivi le retour de Vito Rizzuto à Montréal à l'automne 2012, nos informateurs nous font de plus en plus part d'une certaine instabilité et même de tensions depuis quelques semaines. « Des gens n'auraient pas respecté des ententes conclues après le retour de Vito Rizzuto », nous dit-on.

Rappelons que le parrain est mort de cause naturelle en décembre dernier et que depuis sa disparition, la mafia serait dirigée par une table composée de membres de la nouvelle génération de familles siciliennes et de chefs de clan conseillés par des éminences grises. Une alliance avec les Hells Angels rassure le crime organisé italien qui est toutefois sorti affaibli de l'opération Colisée en 2006 et des conflits internes qui se sont échelonnés de 2005 à 2013.

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