Meurtre à Longueuil: tristesse et incompréhension

Des citoyens se sont rassemblés pour une vigile,... (Photo Fanny Lacasse, La Presse)

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Des citoyens se sont rassemblés pour une vigile, hier soir, sur la piste cyclable de Longueuil où Janique Dalcourt a été battue à mort, mardi soir.

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Hugo Meunier
Hugo Meunier
La Presse

«Tout le monde qui la connaissait l'aimait», a résumé la mère de Jenique Dalcourt, cette jeune femme sans histoire qui a brutalement perdu la vie mardi soir sur une piste cyclable du Vieux-Longueuil.

Rencontrée sur les lieux du drame où elle était venue se recueillir hier matin, la mère de la victime de 23 ans est plongée dans le noir depuis les tragiques événements qui lui ont volé sa fille. «Il y a tellement de versions différentes. Je n'ai aucune nouvelle», a-t-elle déploré.

Le mystère demeure en effet total autour de cette mort violente. 

Jenique Dalcourt aurait été battue à mort à l'aide d'une barre de métal en rentrant à pied chez elle après le travail. La victime empruntait un court tronçon de la piste cyclable situé entre le chemin Chambly et la rue de Normandie. «Le matin, elle m'a dit qu'elle allait m'appeler pour aller la chercher s'il ne faisait pas beau», a souligné sa mère, qui n'a jamais reçu l'appel. «C'est épouvantable, elle recommençait sa vie, faisait les bonnes affaires», a-t-elle ajouté, en larmes.

La jeune femme travaillait depuis plusieurs années comme chef caissière dans les kiosques de restauration du Stade olympique. Elle occupait vraisemblablement un autre emploi dans le Vieux-Longueuil, apparemment pour un centre d'appels. Un de ses collègues a raconté l'avoir vue partir 30 minutes avant lui le soir du meurtre. «Quand je suis rentré chez moi par la suite, j'ai vu plein de policiers autour de la piste cyclable. Deux jours plus tard, j'ai su pourquoi.»

«Ce qui est dommage, c'est qu'il a fallu attendre un meurtre avant de couper les arbres.»

Luca Soldera
21 ans, résidant du secteur

UNE DIZAINE D'INFORMATIONS SÉRIEUSES

En attendant de comprendre ce qui s'est passé, la machine à rumeurs s'emballe. Des témoins auraient rapporté avoir aperçu deux ou trois individus rôder sur la piste cyclable avant et la veille du drame. La police de Longueuil dit n'avoir aucun suspect. Les enquêteurs ont rencontré des témoins, en plus d'avoir sous la main une dizaine d'informations jugées sérieuses.

«Aucune hypothèse n'est exclue pour le moment et aucun mobile n'est encore connu», a résumé le porte-parole du Service de police de l'agglomération de Longueuil (SPAL), Tommy Lacroix.

De nouveaux indices ont convaincu les enquêteurs de boucler à nouveau le secteur en avant-midi hier. Les policiers ont ratissé le sol recouvert de feuilles à l'aide de râteaux.

VEILLÉE À LA CHANDELLE

Le périmètre a été levé en soirée, tout juste à temps pour une veillée à la chandelle organisée sur les lieux du crime par l'entremise de Facebook. Une centaine de personnes ont déposé des lampions et des fleurs pour rendre hommage à la victime.

L'organisatrice de l'événement espère que les gens ne céderont pas à la peur et feront au contraire pression pour accroître la sécurité dans le secteur. « Quand j'ai su ce qui était arrivé, je n'étais pas surprise. C'est le seul bout de la piste cyclable qui n'est pas éclairé », explique Marthe Savoie, qui ne connaissait pas la victime.

Plusieurs résidants du secteur ont décrit les lieux du meurtre comme un endroit dangereux, mal éclairé et fréquenté par des gens louches. Des émondeurs étaient d'ailleurs sur place hier pour couper des branches susceptibles de nuire à la visibilité.

Propriétaire d'un immeuble tout près depuis 29 ans, cet autre voisin a vu en direct les paramédicaux tenter de sauver la jeune victime mardi soir. «Ils ont fait des manoeuvres de réanimation pendant au moins 25 minutes. On est dans une société malade!», a pesté l'homme, qui ajoute trouver régulièrement des préservatifs et des seringues aux abords de sa propriété.

Plusieurs résidants du secteur ont montré du doigt les locataires de la résidence Chez Lise, une maison de chambres à un jet de pierre de la scène de crime. Entre 80 et 90 personnes, la plupart aux prises avec des problèmes de consommation et de santé mentale, s'entassent dans le bâtiment.

Les policiers sont passés après le meurtre, mais « pour savoir si on avait des caméras qui auraient pu filmer quelque chose », a souligné Lise Bissonnette, qui héberge des gens démunis depuis 1976.

La police invite la population à lui fournir tout renseignement en lien avec cette agression en composant le 450 463-7211.

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