Le python qui a tué deux jeunes garçons vivait dans l'appartement

Le serpent qui a tué deux jeunes garçons, dans la nuit de lundi à Campbellton,... (Photo John LeBlanc, La Presse Canadienne)

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Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne
Campbellton, Nouveau-Brunswick

Le serpent qui a tué deux jeunes garçons, dans la nuit de lundi à Campbellton, au Nouveau-Brunswick, ne s'était pas échappé de l'animalerie située au-dessous de l'appartement du propriétaire, mais vivait dans l'appartement lui-même.

La Gendarmerie royale du Canada a précisé en conférence de presse mardi que l'animal se trouvait dans un vivarium, doté de parois de verre qui montaient jusqu'au plafond, dans l'appartement même du propriétaire de l'animalerie, où les deux enfants étaient en visite.

Selon les premiers éléments de l'enquête, le reptile aurait trouvé un petit orifice dans le plafond lui permettant d'accéder au système de ventilation.

Au-dessus du salon, là où dormaient les petits Noah et Connor Barthes, âgés de 4 et 6 ans, la conduite de ventilation aurait cédé sous le poids de l'animal, qui pèse 45 kilos (100 livres).

«C'est certain que ce n'est vraiment pas un cas standard», a reconnu le sergent Alain Tremblay, de la GRC, tout en précisant que l'affaire était tout de même traitée comme une scène de crime.

«C'est très dramatique pour la famille, ce qui est arrivé, mais côté policier, il faut comprendre que c'est une enquête où des personnes ont perdu la vie. Notre approche pour analyser une scène est pratiquement inchangée, même si on a affaire à l'acte d'un reptile.»

Une autopsie devait être pratiquée sur les corps des deux victimes mardi à Saint-Jean afin de déterminer la cause exacte du décès, les policiers étant incapables de déterminer s'ils ont été étouffés par constriction du reptile ou écrasés sous son poids lorsqu'il est tombé du plafond.

Par ailleurs, le sergent Tremblay n'était pas en mesure de préciser, mardi après-midi, si le propriétaire de l'animalerie, Jean-Claude Savoie, avait obtenu un permis spécial pour l'animal, qui mesurait 4,3 mètres. Un tel permis est requis au Nouveau-Brunswick pour tout serpent de plus de 3 mètres.

Cependant, un porte-parole du ministère des Ressources naturelles du Nouveau-Brunswick, Steve Benteau, a indiqué à La Presse Canadienne qu'aucun permis n'avait été émis pour un python de Seba. Il a précisé que le ministère n'était pas au courant de la présence d'un python de 4,3 mètres de long pesant 45 kilos dans un appartement à Campbellton.

M. Benteau a confirmé que ce genre de serpent n'est habituellement permis que dans les zoos accrédités, à moins de détenir un permis spécial.

Jean-Claude Savoie a déjà été rencontré brièvement par les enquêteurs, mais ceux-ci doivent le revoir, a précisé le sergent Tremblay. «Le propriétaire du magasin va être éventuellement rencontré par les enquêteurs. On essaie d'avoir le plus de renseignements possible avant de rencontrer les gens qui étaient sur la scène.»

Le policier a ajouté en contrepartie que le rôle de la GRC était aussi de protéger M. Savoie. Bien que ce dernier n'ait pas fait l'objet de menaces, le sergent Tremblay a dit avoir constaté un certain ressentiment à son endroit.

«Nous sommes conscients qu'il y a beaucoup de gens qui ont exprimé beaucoup de colère et qui sont un peu choqués de la situation. Si des éléments laissent croire qu'il y aurait peut-être possibilité que le propriétaire du magasin Reptile Ocean (soit menacé), nous allons prendre des actions concrètes.»

Jean-Claude Savoie a déclaré dans une entrevue télévisée qu'il était en état de choc et ne pouvait croire que le reptile s'était échappé. Il a indiqué que les deux victimes sont les enfants de son meilleur ami, et qu'ils étaient souvent à son appartement pour visiter son propre fils.

Il dit n'avoir rien entendu, et n'avoir découvert la scène horrible qu'en se rendant dans son salon, où les deux garçons dormaient. Il a alors aperçu le serpent, l'a maîtrisé et remis en captivité.

Le grand-oncle des deux garçons, Dave Rose, a brièvement pris la parole après le sergent Tremblay pour exprimer la gratitude de la famille face aux témoignages reçus. «Nous apprécions l'effusion de sympathie que vous nous faites connaître», a-t-il déclaré avant de brosser un bref portrait des deux garçons, confirmant la solide amitié qui liait les deux familles.

Pris en charge par la GRC dès lundi soir, le serpent a été euthanasié et soumis à une autopsie qui a permis de confirmer qu'il s'agissait d'un python de Seba, une espèce qui peut atteindre de six à neuf mètres et peser jusqu'à 110 kilos.

«C'est un animal qui, d'après mon expérience et d'après l'expérience d'autres personnes que je connais, est beaucoup plus agressif que la moyenne des pythons», a indiqué Hervé Maranda, directeur de la ferme d'élevage de reptiles Exotarium, à Saint-Eustache.

Il ne s'agissait pas, selon lui, d'un spécimen destiné à devenir un animal de compagnie. «Puisque c'est une espèce agressive, qui s'apprivoise difficilement, il n'y a pas de demande pour ça. Personne n'en veut.»

Pendant ce temps, l'incrédulité régnait toujours mardi à Campbellton, une petite municipalité de 7000 habitants où tout le monde se connaît.

«Nous sommes sous le choc, ici», a déclaré à La Presse Canadienne Stéphanie Bernatchez, dont les enfants jouaient régulièrement avec les deux petites victimes. «Ils auraient pu être frappés par une voiture, mais un serpent? C'est tellement inattendu.»

«C'étaient deux enfants très bien élevés, a-t-elle dit. Gentils, polis. Ils aimaient être ensemble et jouer ensemble. Ils étaient sociables et s'entendaient bien avec les autres enfants.»

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