Francesco Del Balso libéré malgré une vie menacée

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Francesco Del Balso

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Même si quelques heures à peine avant de reprendre le chemin des cellules le 6 mai 2017, un tireur a fait irruption chez lui pour le tuer, Francesco Del Balso, ancien lieutenant du clan des Rizzuto durant leur belle époque, a recouvré sa libération conditionnelle ce matin. Il faut dire que le fait que la vie du mafioso soit toujours menacée «à cause du passé», croit-il, cette question n'a à peu près pas été abordée durant l'audience de deux heures dirigée par le commissaire des libérations conditionnelles Michel Lalonde.

Il a davantage été question d'un manque de transparence allégué en raison de plusieurs événements énumérés par l'agent de libération de Del Balso, qui recommandait de révoquer la libération conditionnelle de ce dernier.

Del Balso, qui a été condamné à 15 ans de pénitencier dans la vaste rafle anti-mafia Colisée en 2006, a été libéré en février 2016 après avoir purgé les deux tiers de sa peine. Deux fois, sa libération a été suspendue après les meurtres d'anciens complices avant de lui être redonnée. Chaque fois qu'il est en liberté, il doit porter à la cheville un bracelet GPS pour que les services correctionnels puissent suivre ses déplacements.

Un ancien codétenu

Or, on a appris ce matin que le soir du 30 mars 2017, lors d'un match du Canadien au Centre Bell, Del Balso a croisé et salué l'ancien Nomad Normand Robitaille aujourd'hui retraité, qu'il a déjà côtoyé au pénitencier. Cette rencontre fortuite est parvenue très rapidement aux oreilles des autorités puisque, dès le lendemain à 8h30, elles ont téléphoné à Del Balso pour avoir sa version. Elles lui ont reproché notamment de ne pas les avoir avisé aussitôt qu'il avait croisé un individu ayant un casier judiciaire, comme il doit le faire.

Une autre fois, le 13 avril 2017, Del Balso était au restaurant avec une amie lorsque plusieurs individus sont entrés dans l'établissement. Mal à l'aise, le mafioso et sa compagne ont quitté l'endroit et se sont attablés dans un restaurant voisin. Plusieurs policiers sont alors entrés dans l'établissement pour une vérification «de routine» selon son agent de libération. Del Balso a été enquêté durant deux heures avant de pouvoir quitter les lieux. Il n'a pas non plus rapporté cet événement aux services correctionnels.

Lors d'un autre incident, le 30 avril dernier, le bracelet GPS de Del Balso a indiqué qu'il se trouvait dans un café italien de la Petite Italie, type d'établissement qu'il n'a pas le droit de fréquenter.

- «Que faisiez-vous là, vous saviez que vous n'avez pas le droit», lui a lancé le commissaire Lalonde.

- «Je voulais un vrai bon espresso», a répondu Del Balso.

- «Vous êtes en train de me dire que vous auriez pu vous faire tuer pour un bon espresso», s'est étonné le commissaire, visiblement incrédule. «Est-ce que le café était bon?», a-t-il ajouté, sourire en coin.

- «(Hésitation) Disons que j'aurais pu survivre, j'ai fait une erreur, j'en suis conscient», a répondu le mafioso.

De tous les incidents, celui qui a le plus fait titiller le commissaire est le fait que Del Balso a enlevé son bracelet GPS chez lui le soir où un individu a fait irruption dans sa résidence et menacé sa famille. Par la suite, Del Balso s'est retrouvé «au large» durant deux heures et demie avant de se rendre au quartier général de la police de Laval.

«J'ai enlevé et jeté mon bracelet pour envoyer le plus de policiers chez moi, pour protéger ma famille. J'étais en état de choc, je ne savais pas trop ce que je faisais», s'est-il justifié.

Durant l'audience, Del Balso a dit avoir croisé de façon fortuite une dizaine de criminels depuis sa libération et indiqué que son bracelet a «sonné» une trentaine de fois pour rien, seulement car il se trouvait près d'endroits qu'il ne peut fréquenter ou près des limites des zones de restrictions où il ne peut pas aller.

«Vous avez l'air de quelqu'un qui veut tester les limites», lui a dit le commissaire Lalonde, ce qu'a rejeté Del Balso.

Toute la partie - pas très longue - des projets de sortie du mafioso s'est déroulée à huis clos.

Le commissaire Lalonde a conclu que le délinquant n'avait pas brisé ses conditions et lui a permis de recouvrer sa liberté mais sous des conditions spéciales qui seront connues plus tard.

Del Balso était visiblement très heureux de la décision. Il s'est tourné tout sourire vers les observateurs et s'est levé d'un bond pour donner la main au commissaire qui l'a refusée avec de grands gestes.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le (514) 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l'adresse postale de La Presse.




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