Vol d'un camion blindé en plein jour: coup de théâtre de la Couronne

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Stessy Beaulieu

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Les deux auteurs d'un spectaculaire braquage d'un camion blindé commis en plein jour dans l'ouest de Montréal sont sortis de prison, hier, après avoir passé une seule année derrière les barreaux. Grâce à une volte-face de la poursuite, le voleur multirécidiviste Joseph Evrard et son complice Stessy Beaulieu ont plaidé coupable à des accusations réduites, alors qu'ils risquaient une longue peine d'emprisonnement.

En octobre 2016, Stessy Beaulieu et Joseph Evrard débarquent, cagoulés, dans le local de dépôt d'argent d'un magasin Home Depot de Pointe-Claire. Ils séquestrent deux employés de l'entreprise de sécurité GardaWorld et prennent la fuite avec deux sacs de 55 000 $ en argent comptant. En plein après-midi, les deux voleurs se sont carrément servis d'une chargeuse-pelleteuse pour défoncer la porte arrière du camion blindé.

Les deux braqueurs quittent sans laisser de traces puisqu'« aucune empreinte digitale » n'a été retrouvée sur la scène de crime, selon un document de cour. Ils ont finalement été arrêtés quelques jours plus tard à Montréal. Joseph Evrard détenait environ 17 000 $ en argent comptant lors de son arrestation.

Mercredi, les avocats des accusés s'apprêtaient à plaider une requête en exclusion de preuves en vue du procès devant jury. Or, coup de théâtre de la Couronne au début de l'audience : la majorité des chefs d'accusation, notamment de séquestration et de complot, ont été retirés avant que la requête ne soit présentée. Les deux accusés ont finalement plaidé coupables à un chef de vol qualifié en vertu d'une entente entre les parties. Ils ont reçu une peine d'une journée de prison, en tenant compte de l'année passée en détention préventive. Jeudi, ils ont donc recouvré leur liberté.

Dans sa requête de 63 pages, la Défense arguait que des mandats de perquisition du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), notamment auprès d'une entreprise de location de voitures, n'auraient pas été obtenus ou effectués dans les règles de l'art et auraient dû être exclus de la preuve présentée au procès. «La conduite des policiers est grave, il ne s'agit pas d'une violation mineure ou commise par inadvertance. Il s'agit de violations multiples s'étant produites sur plusieurs jours», indique-t-on dans la requête. Ces prétentions n'ont toutefois pas été testées en cour.

L'entreprise GardaWorld s'est dite déçue, jeudi, de la conclusion de cette affaire. « Il faut comprendre que nos employés font un travail dangereux, qu'ils doivent quotidiennement faire face à des menaces potentielles. Alors c'est difficile quand on ne se sent pas soutenu par le système judiciaire pour des actes qui portent atteinte à la sécurité de nos gens », a indiqué par courriel Isabelle Panelli, directrice principale, marketing et affaires corporatives, chez GardaWorld.

Joseph Evrard affiche une longue feuille de route criminelle avec une quarantaine de condamnations pour vol et tentative de vol. Il avait reçu une peine de 54 mois de pénitencier en 2002 pour le vol d'un camion blindé à Dorval. Stessy Beaulieu avait été condamné à deux ans de prison en 2013 pour avoir frappé un policier avec son propre bâton télescopique.




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