La guerre des clans se poursuit au sein de la mafia montréalaise

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Ces incendies criminels, comme celui ayant détruit un centre commercial à Laval au début de janvier, ont suivi une série de meurtres qui ont frappé les esprits, l'an dernier.

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Sidhartha Banerjee
La Presse Canadienne

La vague d'incendies criminels liée au crime organisé dans la région montréalaise laisse entendre que la mafia demeure fortement divisée au Québec, estiment des experts.

Selon eux, le prochain successeur au charismatique Vito Rizzuto - qui a dirigé la mafia pendant trois décennies - devra avoir une approche différente que celle qui a prévalu jusqu'à maintenant.

Antonio Nicaso, un auteur et conférencier universitaire, dit que la mafia se régénère par les conflits et les morts. Ce qui émergera, estime-t-il, sera une structure plus démocratique et ouverte à des partenariats avec d'autres groupes criminels.

«Elle découvrira un autre type de structure organisationnelle, affirme-t-il. Ce ne sera pas le même type d'organisation qui contrôle Montréal depuis 30 ans, une sorte de monarchie mafieuse qui contrôle tout par l'entremise d'un patron charismatique.»

Rizzuto est mort de causes naturelles en 2013. Il était considéré comme un rassembleur de premier ordre. La mafia est entrée dans une ère de perturbations à la suite de son emprisonnement aux États-Unis et de son décès.

André Cédilot, un ancien journaliste qui a beaucoup écrit sur le crime organisé, dit que les clans calabrais s'opposent aux derniers fidèles de Rizzuto, la plupart des Siciliens.

Les Calabrais reçoivent l'aide de groupes établis en Ontario.

Selon M. Cédilot, les Calabrais souhaitent un partage plus équitable des territoires et des spécialisations avec les gangs de rue et les Hells Angels.

«C'est sûr que ça change, les organisations omnipuissantes comme le clan Rizzuto, on dirait que c'est en train de disparaître. La nouvelle génération n'en veut pas. Elle est en train de faire des consortiums», fait-il valoir.

Ces incendies criminels, comme celui ayant détruit un centre commercial à Laval au début de janvier, ont suivi une série de meurtres qui ont frappé les esprits, l'an dernier.

Lorenzo Giordano, décrit comme un lieutenant de Rizzuto, a été abattu en mars dernier tandis que Rocco Sollecito, l'ancien bras droit du parrain montréalais, selon des documents de la police, a été tué en mai. Un autre associé de Rizzuto a été assassiné en octobre.

Au moins trois tentatives de restructuration ont échoué au cours des récentes années, la dernière en novembre 2015 en raison des arrestations de Leonardo Rizzuto, de Stefano Sollecito, de motards et de membres de gangs de rue.

Selon la police, Sollecito et Rizzuto sont les principaux chefs de la mafia italienne. Tous deux souhaitaient une alliance entre la mafia, des groupes de motards criminels et des gangs de rue afin de contrôler le trafic de stupéfiants et le blanchiment d'argent à Montréal.

Selon un auteur et ancien analyste de renseignements au sein de la GRC, Pierre de Champlain, le prochain chef de la mafia sera Montréalais.

«Je vois difficilement quelqu'un de l'extérieur de Montréal, comme provenant d'Hamilton ou de Toronto, devenir le chef de Montréal. C'est impensable. Le prochain chef va être un Montréalais d'origine, qui vit à Montréal et qui a grandi à Montréal», prédit-il.




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