Les Hells Angels somment les Nomads de l'Ontario de fermer leur section

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Hier, un photographe du journal Le Droit a constaté que les mots «Hells Angels Nomads» qui surplombaient le toit de la bâtisse principale de la propriété du rang Piperville, à Carlsbad Springs, avaient été enlevés.

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Daniel Renaud
La Presse

Après les tentatives de meurtre successives contre leurs deux principaux chefs depuis le printemps, il était devenu évident que la façon de faire des Hells Angels Nomads de l'Ontario ne faisait pas l'unanimité.

La Presse a appris que la douzaine de membres de cette section installée en banlieue d'Ottawa se serait fait ordonner récemment par l'organisation de fermer le local du rang Piperville, à Carlsbad Springs, de changer de section ou de club et même, dans certains cas ultimes, de remettre leurs couleurs.

Hier, un photographe du journal Le Droit a constaté que les crânes ailés qui ornaient la clôture et les mots «Hells Angels Nomads» qui surplombaient le toit du garage avaient été enlevés.

«Effectivement, ce chapitre, s'il n'est pas déjà fermé, est sur le point de l'être. On ne sait pas exactement pourquoi, mais l'une des hypothèses est que des membres des Nomads de l'Ontario auraient tenté de prendre la place de Hells Angels québécois alors que ceux-ci étaient détenus à la suite de l'opération SharQc», nous a confié une source policière au Québec.

Selon nos informations, l'un des Nomads ontariens à qui les Hells Angels auraient demandé de remettre sa veste serait Martin Bernatchez, président de la section, victime d'une tentative de meurtre sur un terrain de camping de Granby en août dernier.

Quant à Phil Boudreault, ancien boxeur olympique et vice-président de la section, lui aussi victime d'une tentative de meurtre près de Lachute au printemps qui lui a laissé de graves séquelles, nos sources nous disent qu'il serait retourné dans une section de la région de Toronto dont il aurait déjà été membre.

Ce revirement peut paraître spectaculaire. Les deux hommes étaient en effet bien visibles, aux premiers rangs, aux funérailles du Hells Angel Lionel Deschamps à Repentigny, en novembre dernier. Leur section a de plus été l'hôte du traditionnel «Canada Run» qui a rassemblé plus de 700 Hells Angels et sympathisants à Ottawa à la fin du mois de juillet.

Qui revient reprend son bien

Nos sources n'excluent pas que les Hells Angels du Québec, dont des dizaines ont été libérés au cours des derniers mois après avoir été détenus durant six ans à la suite de l'opération SharQc, soient derrière la fermeture éventuelle de la section de Carlsbad Springs.

Selon nos informations, des membres des Nomads de l'Ontario auraient empiété sur le territoire de certains motards québécois, des membres des Hells Angels de Sherbrooke notamment, ou n'auraient pas versé les «taxes» entendues, ce qui pourrait constituer le mobile des tentatives de meurtre contre Boudreault et Bernatchez.

«Peut-être que certains Nomads ontariens n'avaient pas prévu la fin soudaine et rapide du procès des Hells de Sherbrooke.» - Une source au fait du dossier

Nos informateurs ignorent ce qu'il adviendra de Marc Bernatchez, frère de Martin Bernatchez, autre membre des Nomads de l'Ontario arrêté à la fin du mois de juin dans une opération policière contre un réseau de trafic de stupéfiants qui aurait approvisionné Granby et sa région en cocaïne, drogues de synthèse et stéroïdes.

Quant à Carlos Fernandez, détenu depuis l'opération Magot-Mastiff qui a décapité le crime organisé montréalais le 19 novembre dernier, il ne serait déjà plus membre des Nomads de l'Ontario depuis des mois.

Fondée en 2000, la section des Nomads de l'Ontario compte de nombreux membres originaires du Québec. Son ancien président était Paul Porter, alias Sasquatch, un ancien Rock Machine devenu Hells Angel comme d'autres, dont Salvatore Cazzetta. Mais Porter, qui aurait été à couteaux tirés avec la jeune génération des Nomads, a quitté le club en juillet 2014 et les choses ont changé ensuite.

Dans l'année qui a suivi l'opération SharQc en avril 2009, les policiers voyaient souvent les Nomads ontariens au Québec et ils ont cru que ceux-ci venaient prêter main-forte à leurs «frères» québécois. «Il n'en était rien. Les Nomads de l'Ontario n'ont jamais reçu un appel à l'aide. Mais si cela avait été le cas à l'époque, ils l'auraient fait avec coeur», nous a confié une personne proche du milieu.

La section des Nomads de l'Ontario n'est pas une bande d'élite, mais une section comme une autre, affirment des sources policières et du milieu.

***

Pour joindre Daniel Renaud en toute confidentialité, composez le 514 285-7000, poste 4918, ou écrivez à l'adresse postale de La Presse.

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