Une entreprise de remorquage douteuse dans les stationnements de palais de justice

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Selon nos informations, les enquêteurs auraient piégé les suspects en se faisant passer pour des automobilistes.

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Daniel Renaud
La Presse

(Montréal) L'entreprise de remorquage de Montréal dont les employés, parmi lesquels un membre des Hells Angels, ont été arrêtés mercredi dans le cadre de la plus importante frappe policière jamais vue dans cette industrie dessert les stationnements de nombreux édifices gouvernementaux, incluant des palais de justice, des hôpitaux et des CLSC.

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Alain Brunette, membre en règle des Hells Angels

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L'entreprise Remorquage Taxi Montréal (RTM), qui a fait l'objet d'une perquisition mercredi par les enquêteurs des produits de la criminalité de la Division du crime organisé du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), dresse sur son site internet la liste de ses clients, qui incluent un centre carcéral et la Société Parc-Auto du Québec (SPAQ), qui gère des stationnements d'édifices gouvernementaux et d'établissements scolaires.

Son président Alain Thériault et 17 de ses employés, du répartiteur aux remorqueurs - dont ses deux fils, James et Nicolas, et un membre en règle des Hells Angels, Alain Brunette -, seront accusés de complot, fraude, vol et extorsion demain après-midi à Montréal.

Depuis que l'enquête a débuté, à la fin de 2014, les policiers ont dénombré au moins 200 victimes. Ils croient qu'il y en a bien d'autres et les invitent à se manifester.

« Selon un stratagème, les remorqueurs déplaçaient les voitures des citoyens dans un endroit inconnu. Lorsque l'automobiliste se présentait à sa voiture, le remorqueur exigeait immédiatement une somme de 65 $ plus taxes, parfois davantage, en comptant, pour que celui-ci puisse récupérer sa voiture, ce qui est illégal. Les suspects prétendaient aussi, à tort, avoir le contrôle des véhicules des automobilistes aussitôt que ceux-ci étaient attachés à la remorque, ce qui constitue de la fraude », a expliqué le commandant Nicodemo Milano, de la Division du crime organisé du SPVM.

Selon nos informations, les enquêteurs auraient piégé les suspects en se faisant passer pour des automobilistes.

Les limiers ont perquisitionné dans les bureaux de RTM, 10 résidences - à Montréal, Laval, Longueuil et Châteauguay - et 12 véhicules, des remorqueuses pour la plupart, qui ont été saisies. Compte tenu de l'argent comptant qui aurait été exigé par les suspects, les enquêteurs ont aussi demandé la collaboration des enquêteurs de Revenu Québec, qui pourraient maintenant bloquer des immeubles.

Sur son site internet, RTM se décrit comme une entreprise « qui offre un service de qualité ». Elle affiche des lettres de recommandation de clients rédigées entre 2006 et 2010, dont l'une s'adresse à Alain Thériault et à ses employés, « qui ont toujours fait preuve de professionnalisme, d'expérience et de jugement », peut-on y lire.

Au registre des entreprises CIDREQ, M. Thériault apparaît comme l'unique administrateur de RTM. Son adresse est celle d'une boîte postale d'un petit centre commercial de la rue Jean-Talon.

Valiquette, Bérubé et les autres

Selon nos informations, Alain Thériault, 49 ans, serait une relation de membres influents des Hells Angels. Il aurait été proche de Roger Valiquette, un important prêteur assassiné en 2013, et serait un ami de Dominic Bérubé, représentant d'un local de la FTQ Construction qui avait fait parler de lui en se rendant à un rassemblement des Hells Angels et en assistant aux funérailles de Nick Rizzuto jr.

M. Thériault serait également très proche de Patrick Brûlé, un individu arrêté en mars dernier dans une enquête de la Sûreté du Québec baptisée Mixture visant à démanteler un laboratoire de production de méthamphétamine aménagé et caché sous terre, sur le terrain d'une porcherie de Saint-Ambroise-de-Kildare, dans Lanaudière. Au cours de l'enquête Mixture, le nom de Thériault a d'ailleurs été entendu par les enquêteurs, qui avaient mis des téléphones de suspects sur écoute.

Alain Thériault a quelques antécédents criminels. Il a déjà été condamné à deux ans moins un jour de prison pour des affaires de complot et de possession d'arme en 1995. Il posséderait des biens en République dominicaine.

Pour joindre Daniel Renaud en toute confidentialité, composez le 514 285-7000, poste 4918, ou écrivez à l'adresse postale de La Presse.

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