Criminalité: le Canada coupé en deux

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L'étude précise que les provinces dont la partie nordique présente le plus fort taux de criminalité sont aussi celles où la population autochtone forme la plus forte proportion de la population totale.

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Le Canada a beau être divisé en dix provinces et trois territoires, sur le plan de la criminalité, il est coupé en deux, révèle une nouvelle étude de Statistique Canada: d'un côté, le nord des provinces et les territoires, où le niveau de crimes déclarés par la police est très élevé; de l'autre, le sud des provinces, beaucoup plus paisible.

Des écarts considérables

Le clivage entre les provinces et les territoires (Yukon, Territoires du Nord-Ouest et Nunavut) est un phénomène bien connu en matière de criminalité. L'étude de Statistique Canada innove toutefois en présentant des données pour la partie nordique de sept provinces. Les écarts sont marqués: en moyenne, le taux de criminalité est deux fois plus élevé (10 425 affaires pour 100 000 habitants en 2013) dans la partie septentrionale de ces provinces que dans la partie sud.

La Saskatchewan en queue de peloton

Les disparités sont particulièrement spectaculaires en Saskatchewan: alors qu'on dénombre 9114 crimes pour 100 000 habitants dans le sud de la province, la proportion grimpe à près de 55 000 crimes par 100 000 habitants dans le nord de celle-ci. C'est comme si plus d'un habitant sur deux y avait été victime d'un crime. À l'opposé, le taux dans le nord du Québec n'est que de 4404 crimes par 100 000 habitants.

Pauvreté, quand tu nous tiens

Les statistiques de criminalité désastreuses du nord de la Saskatchewan sont le reflet du profil socio-économique des 45 000 habitants de ce vaste territoire. «C'est une population défavorisée à tous points de vue», indique le coauteur de l'étude, Samuel Perreault. Les proportions de jeunes - plus susceptibles de commettre des crimes -, de familles monoparentales et de familles nombreuses sont toutes plus élevées qu'au Québec, par exemple, tout comme la proportion d'habitants n'ayant pas de diplôme. Le taux d'emploi est le plus faible au pays. Et un Nord-Saskatchewanais sur deux se trouve dans le quintile inférieur de revenu, alors que la proportion est de seulement 20% au Québec.

L'exception québécoise

Le Québec se démarque des autres provinces: le taux de criminalité dans sa partie nordique est à peine plus élevé (+ 15%) que dans le Sud. En Saskatchewan, la proportion est... 503% plus élevée dans le Nord. Mais les données québécoises sont probablement trompeuses. Statistique Canada considère en effet que le Saguenay-Lac-Saint-Jean et la Côte-Nord font partie du Nord québécois. «C'est sûr que la définition du Nord a un impact, dit l'analyste Samuel Perreault. Côté crimes, la ville de Saguenay n'a rien à voir avec le Nord, car la ville a un des plus faibles taux de criminalité au Québec.»

Autochtones

Les provinces dont la partie nordique présente le plus fort taux de criminalité sont aussi celles où la population autochtone forme la plus forte proportion de la population totale. Les autochtones représentent ainsi respectivement 87% et 69% des habitants du nord de la Saskatchewan et du Manitoba, contre seulement 13% au Québec et en Ontario, dont les parties septentrionales affichent les taux de criminalité les plus faibles au pays. «On ne peut faire de lien direct, mais on sait qu'il y a beaucoup de problèmes de criminalité dans les communautés autochtones», dit Samuel Perreault, de Statistique Canada.

Femmes et crimes violents

La quasi-totalité des crimes violents étaient plus fréquents dans le nord des provinces et dans les territoires que dans le Sud. La différence est particulièrement marquée pour les voies de fait simples. Les femmes sont par ailleurs plus à risque d'être victimes de crimes violents dans le Nord. Le taux de victimes féminines est huit fois plus élevé dans les territoires et près de trois fois plus élevé dans le nord des provinces que dans le sud de celles-ci.

Crimes non violents

L'écart nord-sud sur le plan du taux de criminalité s'explique toutefois en grande partie par les crimes non violents. En 2013, les affaires de méfait et celles liées au fait de troubler la paix représentaient à elles seules 60% des crimes déclarés par la police dans les territoires et 35% dans le nord des provinces, alors que la proportion n'était que de 18% dans le Sud.

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