L'homme du «couple maudit» libéré

Le 9 septembre 1988, le couple avait enlevé... (PHOTO ARMAND TROTTIER, ARCHIVES LA PRESSE)

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Le 9 septembre 1988, le couple avait enlevé Rhéa Brochu, âgée de 40 ans, dans le stationnement d'un centre commercial de Pointe-aux-Trembles et l'avait conduite dans un bois à Oka, avant de la torturer et de l'étrangler.

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Lorsqu'il a pris part au meurtre sordide d'une femme et à l'enlèvement de cinq autres, au cours de l'été 1988, Denis Fréchette avait 28 ans, consommait drogues et alcool et gérait très mal sa colère et son anxiété. Aujourd'hui, après avoir passé la moitié de sa vie derrière les barreaux, il a « stabilisé » toutes les « sphères de sa vie » et il est prêt à vivre dans la communauté.

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Denis Fréchette a été condamné à la prison à vie en 1988.

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C'est ce que la Commission des libérations conditionnelles du Canada a conclu mercredi, quand elle a accordé à Denis Fréchette une libération conditionnelle totale. En sortant de la salle d'audience, à Laval, l'homme de 54 ans a éclaté en sanglots, entouré de sa femme, d'un aumônier et d'une religieuse de son groupe de soutien.

En 1988, les crimes commis par Denis Fréchette et sa complice Pierrette Anglehart, surnommés le « couple maudit », avaient horrifié le Québec. Le 9 septembre, le couple avait enlevé Rhéa Brochu, âgée de 40 ans, dans le stationnement d'un centre commercial de Pointe-aux-Trembles et l'avait conduite dans un bois à Oka. La malheureuse avait été torturée, agressée sexuellement puis étranglée. Cet été-là, le couple avait enlevé et séquestré cinq autres femmes.

Pendant le procès, Fréchette et Anglehart s'étaient accusés mutuellement du meurtre, mais le jury a conclu à la culpabilité des deux protagonistes. Ils ont été condamnés à la prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans. Anglehart, qui avait 10 ans de plus que son complice, est morte d'un cancer en 2008.

«REMORDS SENTIS» ENVERS LES VICTIMES

Hier, les commissaires Richard Bélisle et Michel Lalonde ont souligné qu'ils devaient faire preuve

d'«une grande prudence » dans leur décision étant donné « la gravité extrême des agressions sexuelles commises». Toutefois, ils ont noté le chemin qu'a parcouru Denis Fréchette, marié depuis 17 ans à une femme qu'il a rencontrée en prison. Les commissaires ont souligné sa capacité d'introspection et ses « remords sentis » envers ses victimes. Depuis qu'il a obtenu sa semi-liberté (cinq jours à la maison, deux jours en centre de transition), fin janvier, il a décroché un emploi qui lui a permis de faire des économies. Il ne consomme plus depuis plus de 20 ans.

«Je suis heureux de la personne que je suis devenu aujourd'hui, mais des choses ont été faites et j'ai beaucoup de difficulté à vivre avec ça», a dit l'homme mince et grisonnant.

Denis Fréchette sera toute sa vie sous la surveillance d'un agent de libération conditionnelle. Il lui est interdit de consommer de l'alcool et de la drogue, d'aller dans un bar et de fréquenter des criminels.

UN RISQUE ACCEPTABLE

La Commission des libérations conditionnelles du Canada accorde une liberté conditionnelle totale si elle considère que le délinquant qui en fait la demande présente un risque jugé « acceptable » pour la société. La réinsertion sociale d'un ex-détenu présente des bénéfices pour la société. Dans le cas d'une liberté conditionnelle totale, ces bénéfices doivent être plus importants que le risque de récidive.




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