Enquête au Collège Lionel-Groulx: «on ne savait pas tout ça», dit la direction

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Le collègue Lionel-Groulx

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La direction du Collège Lionel-Groulx s'est dite surprise par les révélations de La Presse, hier, selon lesquelles les enquêteurs de la GRC s'intéressent à des élèves, actuels ou anciens, du cégep, à un tel point qu'ils ont placé des micros dans les locaux de l'association étudiante.

«Vous pouvez passer une journée ici, vous ne verrez pas l'ombre d'une cellule terroriste», a ironisé Yves Marcotte, porte-parole de l'établissement de Sainte-Thérèse, au nord de Montréal.

La Presse révélait, selon des documents judiciaires obtenus à la suite d'une décision du tribunal, que l'Équipe intégrée de la sécurité nationale (EISN) enquête depuis 2012 sur des élèves et officiers de l'Association générale des étudiantes et étudiants du Collège Lionel-Groulx (AGEECLG). C'est en investiguant sur trois attentats terroristes que les limiers disent avoir été mis sur la piste de Lionel-Groulx et du Parti communiste révolutionnaire (PCR), qui compterait des membres dans cet établissement reconnu pour son militantisme.

Des bombes ont explosé en 2004 dans un pylône d'Hydro-Québec en Estrie, puis en 2006 dans la voiture du porte-parole de l'industrie canadienne du pétrole, et en 2010 devant un centre de recrutement militaire de Trois-Rivières. Les trois attentats ont été revendiqués par l'Initiative de résistance internationaliste, un obscur groupe qui lutte contre le capitalisme, le militarisme et l'impérialisme américain.

Dans les documents obtenus par La Presse, on apprenait que les enquêteurs s'intéressent particulièrement aux tendances «gauchistes» et «communistes» des sujets visés par l'enquête. On a mis leurs téléphones sur écoute, et même placé des micros dans les locaux de l'AGEECLG.

«C'est surprenant. On ne savait pas tout ça. Nous avions été informés du mandat dont disposait la GRC quand ils ont perquisitionné ici en février 2013. Mais nous n'étions pas au courant de l'enquête. Quotidiennement, on vit avec 5300 étudiants, dans un climat académique très favorable. [...] Si c'était si pire que ça, il y aurait un climat de peur ici et ça n'est pas le cas», a poursuivi M. Marcotte, qui refuse de qualifier son établissement de «très militant» ou de bastion du Parti communiste révolutionnaire. Il rappelle qu'étant donné l'époque des attentats, il est peu probable que des élèves actuels soient impliqués.

«Profilage» et «harcèlement»

«L'enquête menée par la GRC est essentiellement politique et elle vise surtout à "cartographier" les milieux militants de gauche et d'extrême gauche au Québec et à intimider au passage les groupes et personnes qui s'identifient à ces milieux», a écrit, pour sa part, un représentant du Bureau d'information politique du PCR.

«Nous comptons quant à nous faire le point et dévoiler les détails des nombreux incidents de profilage et de harcèlement dont notre parti et ses sympathisantes et sympathisants ont été victimes depuis 2007 à l'occasion de la tenue des audiences publiques de la Commission populaire sur la répression politique, qui auront lieu cet automne à Montréal. Ces incidents impliquent évidemment la GRC, mais également le SCRS et le SPVM», a-t-il ajouté.

Cette commission est une initiative citoyenne qui sera essentiellement présidée par des professeurs d'université.




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