Un Québécois aurait blanchi des millions aux États-Unis

Avec ses complices, il aurait orchestré le transport d'une montagne d'argent... (Illustration: Alex Blouin, La Presse)

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Illustration: Alex Blouin, La Presse

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Avec ses complices, il aurait orchestré le transport d'une montagne d'argent comptant d'un bout à l'autre des États-Unis en quelques mois. Son équipe aurait même loué des avions privés pour faire circuler des centaines de milliers de billets de banque d'une ville à l'autre, afin de les réinjecter dans l'économie légale.

Son nom: Martin Grenier, de Repentigny, aujourd'hui accusé par les autorités américaines de blanchiment d'argent. Entre les printemps 2009 et 2010 - plus précisément durant quatre mois en ce qui concerne Grenier -, l'homme d'affaires de 43 ans et deux Américains auraient tenté de blanchir des centaines de milliers de dollars, selon l'acte d'accusation que nous avons obtenu.

Parmi ses deux complices figure un avocat, Mark A. Hopkins de l'Illinois, qui aurait fait transiter l'argent sale dans son compte en fidéicommis, lors de transferts effectués entre des banques des États-Unis, des Bahamas et du Panama. L'autre accusé, par lequel l'enquête des autorités américaines a débuté, est un homme d'affaires, Mark Jovett Apsey.

Les trois individus attendent leur procès, en mai prochain, à Detroit. Les autorités exigent qu'ils remboursent la coquette somme de 6,8 millions et ils risquent d'écoper d'une longue peine. En attendant, Martin Grenier et ses deux partenaires ont plaidé non coupable et ont été libérés moyennant une caution de 10 000$ chacun.

Detroit, Boston, Los Angeles...

Aux États-Unis, Martin Grenier aurait aussi utilisé les noms de Joe Smith et d'Éric Lachance, selon les documents judiciaires. Deux chefs d'accusation de blanchiment d'argent et de transport dans un but criminel pèsent contre lui. La cause est entendue dans le district de l'Est du Michigan. Aucun des faits qu'on lui reproche n'a encore été prouvé devant le tribunal.

Martin Grenier... (Photo tirée de Facebook) - image 2.0

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Martin Grenier

Photo tirée de Facebook

Toute cette affaire a commencé à la fin du mois d'avril 2009 lorsque les policiers de la Drug Enforcement Administration de Detroit ont capté une conversation téléphonique de Mark Jovett Apsey.

Au téléphone, Apsey a demandé à un co-conspirateur de récupérer une valise contenant 365 000$US d'argent liquide à New York et de revenir à Detroit par un vol commercial. Mais à l'aéroport métropolitain Romulus, le courrier a été intercepté et arrêté, et l'argent saisi.

Deux jours après la saisie, Apsey a envoyé un courriel à Grenier l'avisant de la situation, selon l'acte d'accusation. Deux mois plus tard, en juin 2009, Grenier a communiqué avec un avocat canadien dans le but de fabriquer un faux document pour expliquer l'origine des 365 000$ saisis à Detroit en avril. Le faux document suggérait une transaction entre une entreprise où Apsey siégeait au conseil d'administration et un designer de bijoux de New York.

Selon le document judiciaire, entre mai et juillet 2009, Grenier aurait ordonné à des tiers de transporter plusieurs sommes importantes, dont 686 000$ en voiture, d'un bout à l'autre du pays, entre Atlanta et Los Angeles. On aurait aussi nolisé des avions, notamment pour le transport de sommes de 582 000$ et d'un million entre l'Illinois et la Californie.

L'argent saisi

Le transport du million de dollars a toutefois mal tourné. L'argent a été saisi par les policiers dans une chambre d'hôtel de Los Angeles. Selon l'enquête, les trois quarts «constituent les fruits du trafic de stupéfiants et auraient été utilisés ou on aurait tenté de les utiliser pour acheter de la cocaïne», peut-on lire dans l'acte d'accusation.

Deux individus ont été arrêtés lors de cette saisie et Grenier aurait tenté de les joindre sur leur téléphone cellulaire après leur arrestation, en vain.

Selon la preuve, Grenier aurait aussi demandé à des individus de récupérer des sommes importantes notamment à Detroit, à Chicago et à Boston. Il aurait commandé des transferts de plusieurs dizaines de milliers de dollars entre le compte en fidéicommis de l'avocat Hopkins et ceux de quelques banques, dont une succursale de l'Union bancaire privée, à Nassau, aux Bahamas. «Dans le monde des trafiquants de haut niveau, des transferts de sommes de 300 000$ à 500 000$ sont communs pour payer ou blanchir», nous a confié une source policière locale.




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