Un ancien bras droit de Maurice Boucher à HEC Montréal

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Photo soumise lors du procès, en 2003. Normand Robitaille, à gauche.

Photo: Archives La Presse

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Daniel Renaud
La Presse

Normand Robitaille, ancien bras droit du chef des Hells Angels Maurice Boucher, pourra sortir de prison sans escorte pour visiter sa famille et suivre des cours à l'université. Il a comparu ce matin devant les commissaires aux libérations conditionnelles.

Déjà titulaire d'un baccalauréat obtenu par correspondance, le redoutable Hells Angels Normand Robitaille pourra quitter le pénitencier à sécurité minimum de Sainte-Anne-des-Plaines et se rendre à HEC Montréal, où il souhaite faire sa maîtrise, sans être escorté par des gardiens.

Robitaille, ancien Nomad et homme de confiance de Maurice Boucher, a comparu ce matin devant les commissaires aux libérations conditionnelles pour la première fois depuis sa condamnation, en 2003. Il a réussi à obtenir leur confiance, même s'il était attendu de pied ferme.

«Vous avez une grosse côte à remonter. Votre criminalité est grande. Durant des années, vous avez été au sein d'une multinationale prête à tout pour faire de l'argent en écoulant n'importe quelle cochonnerie sur la rue», lui ont d'emblée lancé les commissaires Marie-Claude Frenette et Denis Couillard.

Mais Robitaille, de sa voix rauque, a patiemment répondu aux questions durant une heure et demie. Il a assuré qu'il avait quitté les Hells Angels en 2003 et qu'il n'a pas l'intention de renouer avec le milieu criminel.

«J'ai quitté. J'ai été clair et le message est passé. Je ne crois pas qu'ils voudront me reprendre. Il y a une relève et personne ne va pleurer parce que je suis parti, au contraire.»

«Ça ne sera pas facile, mais je veux aller vers la vraie vie. Je ne suis pas parfait, mais je sais où je m'en vais et je sais quoi faire pour rester dans le bon chemin», a-t-il dit.

Aux études

Robitaille, qui a déjà un baccalauréat en communication, veut obtenir une maîtrise en gestion des affaires électroniques pour ensuite travailler pour un ami. Il veut également renouer avec sa famille, en particulier avec ses enfants, qu'il connaît peu.

«Ma plus jeune avait 2 ans quand je suis rentré en dedans, et elle en a maintenant 14. Je ne peux pas effacer et rattraper le passé, mais je peux repartir ma vie comme il faut aujourd'hui» a-t-il ajouté.

Jugeant qu'il représentait un «risque acceptable pour la société», les commissaires lui ont accordé deux sorties hebdomadaires de 12 heures chacune pour qu'il puisse aller à l'université.

Robitaille demandait aussi une sortie sans escorte de 72 heures consécutives par mois pour voir sa famille, mais les commissaires ont opté pour un scénario plus graduel. «La Commission croit que vous sous-estimez les défis que représente votre retour au sein de votre famille. Vous n'avez jamais été très présent et vous avez tout à apprendre d'eux», ont prévenu les commissaires, qui lui ont accordé une sortie de 36 heures le premier mois, de 48 heures pour les deux mois suivants et de 72 heures ensuite. ILs lui ont également interdit de fréquenter des criminels ainsi que les bars et les cafés italiens.

Pauvreté, pardon et méditation

Durant l'audience, Robitaille a également dit qu'il n'avait plus d'argent, lui dont les revenus avec les HA ont déjà été de 5000$ par semaine, «l'équivalent net de quelqu'un qui fait un demi-million par année et qui paye ses impôts», a fait valoir le commissaire Couillard.

«Ils m'ont saisi 200 000$ et des bâtisses, pour 6 millions en tout. Je n'ai plus d'argent», a indiqué le détenu.

Robitaille, qui a été victime de trois tentatives de meurtre dans le passé, a dit qu'il ne craint pas les représailles de ses anciens ennemis une fois qu'il sera sorti de prison. «J'ai croisé des Rock Machine en prison et on a mis ça derrière nous», a-t-il expliqué.

Il a également indiqué qu'il rencontre parfois un aumônier bouddhiste et qu'il s'était mis à la méditation. «J'ai appris à me connaître, car je ne me connaissais pas», a-t-il dit.

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