A13: un recours collectif est lancé

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Ils demandent un versement de 2000$ pour chaque personne piégée pendant plusieurs heures sur le fameux tronçon, au centre d'un vif débat politique depuis 36 heures.

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Des avocats viennent de lancer un recours collectif contre le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal au nom des naufragés de l'A13. 

Ils demandent un versement de 2000$ pour chaque personne piégée pendant plusieurs heures sur le fameux tronçon, au centre d'un vif débat politique depuis 36 heures.

Le gouvernement et la ville «ont commis des fautes grossières dans la gestion du blocage routier», écrivent les cabinets Deveau et Trudel, Johnston & L'Espérance dans une procédure signifiée aujourd'hui. Les naufragés «ont été prisonniers de leurs véhicules pendant une dizaine d'heures, par temps froid, et avec une information limitée, voire inexistante.»

Me Marc-Antoine Cloutier a dit croire que tous ces gens avaient été «abandonnés» par les autorités.

«Faute de ressources? Faute de coordination? Il n'en demeure pas moins que des gens sont restés coincés sur l'autoroute entre huit à dix heures dans certains cas», a fait valoir l'avocat dans un entretien téléphonique.

Me Cloutier, associé chez Deveau avocats, et Me André Lespérance, associé chez Trudel & Johnston, ont déposé jeudi au palais de justice de Montréal la demande d'action collective.

Le demandeur est un résidant de Montréal, Alexandre Lepage Forbes. Le groupe pourrait être composé d'environ 500 membres, et la poursuite chercherait à obtenir la somme de 2000 $ pour chacun d'entre eux, en plus de la compensation des «dommages matériels subis», selon le document de la demande d'action collective.

Me Cloutier a affirmé qu'il n'était «pas impossible» que le montant de 2000 $ augmente dans les semaines à venir, et a précisé que les «dommages matériels subis» pouvaient inclure un bris à un véhicule ou le salaire d'une journée perdu en raison de l'incapacité de se rendre au travail.

«Essentiellement, c'est une faute que l'on juge être conjointe. Ils ont tous, ensemble, l'obligation de s'assurer que ce genre d'histoire d'horreur ne perdure pas des heures, des heures et des heures. Évidemment, ce n'est pas le maire de Montréal ou le ministre de la Sécurité publique qui conduit la charrue pour venir déblayer la route, mais à un moment donné, quand ça fait plusieurs heures qu'on est pris dans un endroit et que les services ne se déploient pas, à ce moment-là, c'est la responsabilité de la Ville de Montréal et du gouvernement de s'assurer que cette situation soit résorbée rapidement», a dit Me Cloutier.

«(Il faut) à tout le moins venir secourir ces gens-là. Parce qu'on leur a apporté des couvertes, de l'eau, de la nourriture, et on leur a donné accès à une salle de bain que vers 4h de la nuit, très très longtemps après le début de ce trafic immense», a-t-il ajouté.

Une chronologie des événements, fournie par le cabinet du ministre des Transports, fait état de «plusieurs véhicules enlisés sur l'A13» dès 21 h 40.

Un appel du chargé de relève de la Sûreté du Québec a été fait à 1h, pour aviser «que la solution visant à l'évacuation des personnes n'a pas été mise en oeuvre».

Or, la chronologie indique seulement à 4 h 29 l'arrivée des véhicules d'intervention du service de protection incendie. Puis, à 5 h 25, on mentionne l'arrivée d'autobus «pour réchauffer les usagers en attente».

Au nom du gouvernement, le premier ministre Philippe Couillard a présenté ses excuses, jeudi matin, aux gens ayant souffert des inconvénients majeurs causés par un manque de coordination dans les services relevant au premier chef du ministère des Transports et du ministère de la Sécurité publique.

Québec a déclenché une enquête externe pour comprendre ce qui a pu se produire pour engendrer un tel nombre de ratés observés dans la chaîne de commandement, a indiqué en point de presse le premier ministre.

- Avec Jean Philippe Angers, La Presse canadienne




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