Benoit Roberge ne peut retourner tout de suite à la maison

Benoît Roberge, ex-enquêteur vedette du SPVM, en 2000.... (Photo Armand Trottier, archives La Presse)

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Benoît Roberge, ex-enquêteur vedette du SPVM, en 2000.

Photo Armand Trottier, archives La Presse

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Daniel Renaud
La Presse

Les commissaires aux libérations conditionnelles veulent entendre lors d'une nouvelle audience l'ex-policier du SPVM et spécialiste des motards, Benoit Roberge, avant de décider ou non de le renvoyer chez lui.

En attendant, ils prolongent la semi-liberté de l'ex-policier de deux mois, le temps de préparer cette audience, et l'obligent à participer à des séances de thérapie psychologique organisées par son surveillant de libération conditionnelle.

Benoit Roberge, 53 ans, a été condamné à huit ans de pénitencier en 2014 pour avoir donné des informations aux Hells Angels, en particulier au défunt membre René Charlebois, en échange de rémunération. Il a obtenu sa libération conditionnelle l'an dernier et demeure dans une maison de transition depuis.

Trois informateurs

Dans la décision des commissaires rendue aujourd'hui et dont La Presse a obtenu copie, on en apprend un peu plus sur les gestes pour lesquels l'ancien expert des motards du SPVM a plaidé coupable. Il est écrit qu'il a vendu, entre octobre 2012 et mars 2013, des informations confidentielles sensibles sur trois informateurs de police ayant été utilisés dans des enquêtes et qu'il a fourni de l'information sur l'état psychologique d'un témoin repenti qui devait témoigner dans un procès important.

On sait que certaines des conversations entre Charlebois et Roberge, enregistrées par le motard à l'insu de son interlocuteur, ont porté sur l'ancien membre des Hells Angels, Sylvain Boulanger, qui n'a finalement jamais témoigné dans les méga-procès SharQc. Roberge aurait été payé 125 000$ pour ses informations, une somme qui a été récupérée en grande partie.

Pour sa défense, Benoit Roberge avait expliqué qu'il se savait pris au piège et qu'il avait exigé de l'agent des Hells Angels pour payer ses avocats, s'il se faisait prendre. Il a aussi dit avoir été pris dans un engrenage, avoir été incapable de demander de l'aide et avoir eu de la difficulté à s'ajuster après sa retraite survenue au début de 2013.

Bonne voie

Depuis sa condamnation, Roberge a suivi un cours d'informatique, a travaillé comme commis nettoyeur et a poursuivi sa scolarité à distance.

Ses intervenants considèrent qu'il est conscient des répercussions que ses gestes ont eu sur les corps policiers, les informateurs, la société en général et sa famille.

«Depuis votre retour en communauté, vous êtes demeuré sur la même trajectoire pro-sociale. Vous affichez une bonne collaboration et vous êtes respectueux envers le personnel. Votre comportement est responsable face à vos obligations et vous demeurez engagé dans votre planification correctionnelle. On ne relève aucun manquement aux règlements, couvre-feu ou aux conditions usuelles et spéciales».

«Selon les notes à votre dossier, votre motivation est demeurée élevée et vous vous êtes impliqué très sérieusement dans vos activités de bénévolat. Votre responsabilisation est, elle aussi, évaluée à élevée, de même que votre potentiel de réinsertion sociale», écrivent les commissaires dans leur décision de trois pages.

Rappelons que le Hells Angels René Charlebois s'est suicidé dans un chalet des îles de Sorel le 26 septembre 2013, dix jours après s'être évadé du pénitencier à sécurité minimum Montée Saint-François à Laval. Avant de s'enlever la vie, assis sur une chaise berçante, il a tourné trois vidéos, dont l'une révélant sa relation secrète avec Benoit Roberge.

Après le suicide du motard, un homme de confiance de Charlebois a donné cette vidéo et des enregistrements de conversations entre le motard et Roberge à la police. La Sûreté du Québec a monté une opération d'infiltration et arrêté l'ex policier lors d'un faux rendez-vous au Quartier DIX/30 au début du mois d'octobre 2013.

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Pour joindre Daniel Renaud, composez le (514) 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l'adresse postale de La Presse. 




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