Enfant mort de la méningite: les appels pourraient prendre des années

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David Stephan (à gauche) et sa femme, Collet Stephan (à droite)

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Bill Graveland
La Presse Canadienne
Calgary

Les appels concernant la condamnation et la peine de parents dont le jeune fils a succombé à une méningite bactérienne faute de soins médicaux appropriés pourraient prendre des années, préviennent des experts.

Le juge Rodney Jerke a condamné David Stephan à quatre mois de prison et sa femme, Collet, à trois mois de détention à domicile en juin après qu'un jury les eut déclarés coupables de ne pas avoir fourni les nécessités de la vie.

La Couronne a porté la peine en appel, l'estimant insuffisante, alors que la défense a fait de même avec le verdict de culpabilité.

Selon ce qui a été dit durant le procès, Ezekiel, le fils de 19 mois du couple, est décédé en 2012 après que ses parents eurent décidé de le traiter avec du piment fort, de l'ail, de l'oignon et du raifort plutôt que de l'emmener chez le médecin, n'appelant l'ambulance que lorsque l'enfant eut cessé de respirer.

Le père âgé de 33 ans et la mère âgée de 36 ont été libérés sous caution moyennant certaines conditions, dont l'obligation de consulter un médecin ou une infirmière détenant un permis d'exercice si l'un de leurs trois autres enfants tombait malade ou se blessait.

L'appel concernant la condamnation sera entendu en premier suivi de celui sur la peine.

«C'est difficile, c'est compliqué et ce n'est pas la même chose qu'un appel pour un vol à l'étalage, qui pourrait être réglé en un jour ou deux, explique Alain Hepner, un avocat de Calgary n'ayant pas participé au dossier. Pour l'appel de la condamnation, il faudra probablement attendre l'automne 2017. Nous sommes déjà en août 2016. En tant qu'avocat ayant souvent travaillé sur des appels semblables, je peux dire que cet échéancier est plutôt exact.»

Lisa Silver, qui enseigne le droit à l'Université de Calgary, doute que la première audience se déroule avant l'automne prochain et croit que le juge réservera sa décision.

«J'ai moi-même fait des appels très longs qui se sont étirés sur des mois et des mois. Ça prend du temps pour les traiter correctement», affirme-t-elle, ajoutant que le dossier ne sera pas une priorité puisque les Stephan ont été relâchés sous caution.

Une bioéthicienne de l'Université de Calgary pense toutefois que la justice ne devrait pas laisser traîner ce dossier.

«La population prend ce sujet très au sérieux et si le système judiciaire ne montre pas qu'il en fait autant, il y aura un conflit entre l'opinion publique internationale et le système judiciaire local», prévient Juliet Guichon.

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