L'ex-maire de Laval a tenté d'être indemnisé comme victime d'acte criminel

En 2013, Alexandre Duplessis, alors maire de Laval,... (PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE)

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En 2013, Alexandre Duplessis, alors maire de Laval, avait appelé des escortes alors qu'il était seul à son chalet. Les deux femmes avaient ensuite menacé d'éventer l'affaire si M. Duplessis ne leur versait pas quelques milliers de dollars.

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L'ex-maire de Laval Alexandre Duplessis a tenté en vain d'obtenir une indemnisation gouvernementale après que des escortes qu'il avait lui-même appelées lui ont extorqué de l'argent.

Une décision du Tribunal administratif du Québec (TAQ) lève le voile sur les circonstances dans lesquelles il a démissionné, frappé par un scandale sexuel en juin 2013, ainsi que sur ses démarches pour obtenir une réparation financière.

Il y est qualifié « d'artisan de son propre malheur ».

Début 2014, M. Duplessis s'est adressé à l'Indemnisation des victimes d'actes criminels (IVAC) pour réclamer « une indemnisation pour la perte salariale qu'il a dû subir » et afin de « compenser pour les difficultés encourues » à la suite de sa démission dans le déshonneur. Il venait de toucher 170 378 $ en indemnité de départ en quittant la mairie de Laval.

Il expliquait avoir été victime d'un acte criminel : selon le jugement du TAQ, deux escortes ont effectivement plaidé coupable à des accusations d'extorsion en mars 2014.

L'affaire avait fait grand bruit il y a deux ans : après les avoir appelées alors qu'il était seul à son chalet, M. Duplessis avait renoncé à retenir leurs services lorsqu'elles l'ont reconnu. Les deux femmes ont demandé à être tout de même payées pour le déplacement. Le maire a refusé. Elles ont menacé d'éventer l'affaire s'il ne leur versait pas « quelques milliers de dollars ».

Après son départ de la mairie, M. Duplessis a été sans emploi pendant huit mois. « Il lui a été très difficile de reprendre une vie normale, familiale et professionnelle, ajoute le TAQ. Il a dû traverser une période financière très pénible. »

« FAUTE LOURDE »

Malheureusement pour M. Duplessis, le crime d'extorsion ne peut entraîner une indemnisation de l'IVAC, prévoit la loi. Une liste bien précise d'infractions - essentiellement liées à la violence - ouvrent cette porte.

M. Duplessis « a beau affirmer que l'objet de la loi est de permettre à des victimes d'actes criminels de bénéficier de certains avantages prévus, il ne peut pour autant faire fi des paramètres que le législateur a prévus à cette même loi », écrivent les juges administratifs Philippe M. Gariépy et Louise Galarneau.

Le TAQ a donc décidé de confirmer les deux décisions administratives précédentes, qui refusaient le versement de quelque somme que ce soit à M. Duplessis.

« Dans ce dossier, le Tribunal ne peut pas non plus passer sous silence le fait que le requérant a été également l'artisan de son propre malheur en initiant de son propre gré les démarches pour contacter l'agence », souligne le TAQ.

Ce commentaire fait écho à un argument de la procureure du gouvernement, Édith Jourdain, opposée au versement de l'indemnisation : « Monsieur a commis une faute lourde en l'instance en participant de son plein gré à un geste illicite », relate le jugement.

L'avocate n'a pas rappelé La Presse.

« Je respecte la décision de l'organisme », s'est limité à commenter Alexandre Duplessis, par messagerie texte.

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