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Val-d'Or: une spécialiste du droit international choisie comme observatrice

Professeure agrégée à l'Université Laval, Me Fannie Lafontaine... (PHOTO ARCHIVES LA PRESSE)

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Professeure agrégée à l'Université Laval, Me Fannie Lafontaine est titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la justice internationale pénale et les droits fondamentaux.

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(QUÉBEC) C'est une juriste spécialisée dans le droit international, Fannie Lafontaine, de l'Université Laval, que le gouvernement Couillard a choisie pour intervenir à titre d'« observatrice » relativement aux cas allégués d'inconduite sexuelle d'agents de la Sûreté du Québec à l'endroit de femmes autochtones de Val-d'Or.

Selon les informations obtenues par La Presse, Me Lafontaine a été retenue au terme d'échanges avec la communauté autochtone. Pour le premier ministre Couillard, la juriste de calibre internationale conjugue les qualités d'intégrité, d'indépendance et d'expérience dans les questions autochtones.

Me Lafontaine se portera garante de l'intégrité du processus touchant l'enquête menée par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) sur les allégations qui font les manchettes depuis la diffusion d'un reportage de l'émission Enquête, il y a bientôt deux semaines.

Québec espère que le choix de cette spécialiste en droit international permettra de garantir que l'enquête menée est exécutée en totalité selon les règles de l'art. Le processus devra être au-dessus de tout soupçon, au cas où les conclusions du SPVM irriteraient l'une ou l'autre des parties.

Jusqu'ici, deux cas d'inconduite sexuelle touchant la SQ ont été signalés. Le premier concerne un policier qui est mort dans les années 80. Dans le second, la principale intéressée ne peut identifier son agresseur. D'autres autochtones ont dénoncé des sévices physiques lors de leur arrestation. En tout, huit agents de la SQ du poste de Val-d'Or sont actuellement en « retrait administratif », suspendus avec solde.

Me Lafontaine, qui a déjà travaillé avec Louise Arbour à la Cour suprême du Canada, en 2002, s'était retrouvée aux Nations unies de 2004 à 2007. Professeure agrégée à l'Université Laval, elle est titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la justice internationale pénale et les droits fondamentaux.

Avec des collègues, elle a déjà publié un billet de blogue sur les problèmes des femmes autochtones intitulé « Meurtres et disparitions des femmes autochtones : une obligation d'enquêter », en 2014. Ses interventions touchent fréquemment les droits des réfugiés, ainsi que les génocides au Darfour et au Rwanda. Le printemps dernier, elle est intervenue devant la Cour suprême en faveur d'Omar Khadr.

RENCONTRE AUJOURD'HUI

Le premier ministre Couillard doit rencontrer les chefs de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, ce matin à Montréal. La semaine dernière, il avait repoussé d'un revers de main la « convocation » lancée par Ghislain Picard, le chef de l'organisation, qui réclamait que M. Couillard se rende sur-le-champ à Val-d'Or. M. Picard avait aussi émis le souhait que « l'observateur » soit une observatrice, ce que Québec a accepté rapidement, semble-t-il.

« Ce sera une femme. On est dans les derniers droits, ce qu'on appelle la courte liste, de deux ou trois noms, qui, à notre avis, présentent des garanties d'indépendance, de probité et d'expérience spécifique », de souligner hier M. Couillard avant que le choix ne soit arrêté.

« On est en conversation avec nos collègues des leaders autochtones pour éventuellement, j'espère rapidement, annoncer la nomination de cette personne », avait affirmé M. Couillard.

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