La libération de Mario Brouillette suspendue puis confirmée à nouveau

Mario Brouillette est de nouveau libre, mais doit... (PHOTO ARCHIVES LA PRESSE)

Agrandir

Mario Brouillette est de nouveau libre, mais doit demeurer dans une maison de transition.

PHOTO ARCHIVES LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Daniel Renaud
La Presse

L'ancien Hells Angels de Trois-Rivières, Mario Brouillette, a beau travailler dans une vitrerie depuis sa sortie du pénitencier à l'été 2013, sa transparence est mise en doute par les services correctionnels qui ont suspendu sa libération conditionnelle au début de l'été. Mais après avoir passé les trois derniers mois derrière les barreaux, l'ex motard a convaincu mardi un commissaire de lui rendre sa liberté, non sans mal.

C'est une banale affaire de fausse alarme qui a tout déclenché, selon ce qui a été raconté par son agent de libération. Le 9 mai dernier en effet, l'alarme a retenti en pleine nuit dans la vitrerie où Brouillette travaille, sur la couronne nord de Montréal. Lorsque les policiers sont arrivés sur les lieux, la porte était déverrouillée, et ils sont entrés à l'intérieur pour vérifier si tout était normal et appeler le propriétaire.

Mais ce dernier n'a pas répondu et les patrouilleurs ont fouillé dans des papiers pour joindre un autre employé. Quelle ne fût pas leur surprise lorsque, parmi les documents, ils auraient trouvé un acte notarié indiquant que Brouillette était copropriétaire de l'entreprise dans laquelle il a investi 25 000$. Or, l'ancien motard n'a jamais déclaré de tels avoirs aux services correctionnels dont il relève toujours, jusqu'à la fin de sa sentence en 2016. Ces derniers ont été mis au courant par la police un mois plus tard et ont immédiatement suspendu sa libération d'office, pour bris de condition.

Affaire louche

Interrogé par les services correctionnels, l'employeur de Brouillette a nié que ce dernier soit copropriétaire de l'entreprise et a mis en doute l'existence de l'acte notarié. Le document n'a en effet ni été saisi ni photographié par les policiers. Le nom de Brouillette n'apparaît pas non plus parmi les administrateurs de l'entreprise au Registraire des entreprises du Québec (CIDREQ).

En revanche, certaines réponses de l'employeur ont soulevé les soupçons de l'équipe de gestion de cas de Brouillette, qui craint que l'ex motard cache de nouvelles activités criminelles ou utilise des sommes provenant d'activités illicites passées. Qualifiant l'affaire de «louche», les services correctionnels demandaient que sa libération conditionnelle soit révoquée jusqu'à sa libération d'office en décembre prochain.

Mais Brouillette s'est présenté flanqué de ses deux employeurs qui affirment que le document était destiné à offrir à l'ex motard la possibilité de devenir partenaire dans l'entreprise mais qu'ils ne lui ont finalement pas proposé.

«Je n'ai jamais vu ce document et il n'a jamais existé. Je n'ai jamais eu l'intention de continuer dans la vitrerie, je déteste ça mais je n'ai pas le choix de travailler. Me mettre à quatre pattes par terre à 20$ de l'heure devant des étrangers, ce sera fini après la fin de ma sentence en 2016. Je veux travailler dans la construction», s'est défendu Brouillette, qui a aussi nié une information parvenue aux services correctionnels voulant qu'un ex employeur ait pensé que l'ex motard voulait lui voler des clients et démarrer sa propre entreprise.

«La Commission considère justifiée que vous ayez été suspendu», a déclaré le commissaire, ajoutant toutefois «que la Commission ne pouvait se baser sur des soupçons» pour considérer qu'une condition spéciale a été brisée.

Brouillette a donc été libéré mais demeure dans une maison de transition.Lors de l'audience, l'ex motard a aussi nié avoir eu des sociétés écrans dans le passé et a confirmé qu'un litige avec la Cour fédérale de l'impôt a été réglé avec une 2ème hypothèque de 100 000$ sur sa maison en mars dernier. 

Mario Brouillette: 

  • 43 ans 
  • Fils d'Aurèle Brouillette, membre des Hells Angels de Trois-Rivières et cofondateur du chapitre des Hells Angels à Cabarete, en République dominicaine 
  • 1990: Fondateur des Rowdy Crew, défunt club école des Hells Angels 
  • 1994: Membre des Hells Angels de Trois-Rivières 
  • 2008: Condamné à huit ans pour trafic de stupéfiants et complot pour meurtre après son arrestation dans l'enquête Bromure. 
  • 2013: Condamné à trois ans de pénitencier après avoir plaidé coupable au chef de complot général de meurtre dans les superprocès SharQc 
  • Brouillette dit avoir quitté les Hells Angels en 2008. Durant les années 2000, il a été l'un des membres les plus influents. Au Centre de détention de Montréal, il a été le voisin de cellule du défunt parrain de la mafia, Nicolo Rizzuto sur lequel il aurait veillé, ont confié des sources à La Presse il y a quelques années.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer