Un mafieux dénonce son couvre-feu parce qu'il a commis ses crimes de jour

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Daniel Renaud
La Presse

Pietro D'Adamo, un importateur de cocaïne arrêté lors de l'opération Colisée, a eu beau se plaindre que les crimes pour lesquels il a été condamné ont été commis de jour, la Commission des libérations conditionnelles lui a tout de même imposé un couvre-feu pour sa libération d'office qui a débuté cette semaine.

Loin d'être rassurés quant aux risques de récidive de l'homme de 45 ans, les commissaires lui imposent des conditions spéciales et exigent également qu'il produise régulièrement ses états financiers aux autorités carcérales, occupe un emploi, ne fréquente pas les bars et cafés de style européen et évite toute personne qui a un casier judiciaire, qui est liée au crime organisé ou qui est impliquée dans ses crimes.

Pietro D'Adamo a été condamné à six ans et demi de pénitencier en août 2009 pour complot, possession de cocaïne et gangstérisme. Il devait purger au moins la moitié de sa peine avant d'être admissible à une libération conditionnelle.

Il l'avait d'ailleurs obtenue une première fois en décembre 2013, mais celle-ci a été révoquée six mois plus tard parce que D'Adamo n'avait pas respecté ses conditions. Il avait été arrêté dans un débit de boisson, en état d'ébriété, avec 1400 $ dans les poches, en compagnie d'individus ayant des antécédents criminels.

Amnésique et diurne

D'Adamo est maintenant libéré aux deux tiers de sa peine, comme le prévoit la loi. Son agent de libération juge toutefois que son potentiel de réintégration est modéré, tout comme ses chances de récidive et son niveau de dangerosité envers la société.

L'agent déplore notamment le manque de transparence de D'Adamo, qui a livré des réponses vagues lorsqu'il a été questionné sur ses activités durant sa première période de liberté, répondant maintes fois qu'il «ne se souvenait pas».

En mai dernier, D'Adamo est intervenu par écrit pour protester contre le couvre-feu, l'obligation de dévoiler ses états financiers et l'obligation d'occuper un emploi qui lui sont imposés.

Il s'est questionné sur la pertinence d'un couvre-feu entre minuit et 6h alors que les activités criminelles pour lesquelles il a été condamné ont été effectuées en plein jour. Il a également demandé de ne pas être contraint de travailler ou d'étudier durant les deux semaines suivant sa libération pour lui permettre de renouer avec sa famille.

Selon la décision, D'Adamo doit près de 1 million de dollars à l'Agence du revenu du Québec. Cela inquiète les commissaires, qui craignent qu'il renoue avec les activités criminelles et qui croient que ces conditions, qui lui sont imposées jusqu'à la fin de sa sentence en février prochain, contribueront à protéger la société.

À l'époque de Colisée, D'Adamo faisait partie d'une cellule d'individus qui auraient voulu importer 1300 kilos de cocaïne au Canada. Ils étaient parvenus à importer 300 kilos dans des barils doublés en plomb, pour tromper les machines aux rayons X des douaniers. Mais faisant preuve de beaucoup d'imagination et d'initiative, les enquêteurs sont parvenus à saisir la drogue avant qu'elle soit récupérée par les suspects.

D'Adamo a des liens autant avec la mafia qu'avec le crime organisé irlandais. Il était proche de Richard Griffin, qui aurait vraisemblablement lui aussi été accusé lors de l'opération Colisée s'il n'avait pas été tué en 2006.

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