Libérations conditionnelles: un ex-Nomad décoiffé par une relation du passé

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Daniel Renaud
La Presse

Des visites chez son coiffeur sont peut-être venues torpiller le projet de l'ex-motard Gilles Mathieu, qui demande que l'assignation à résidence dans une maison de transition soit retirée des conditions spéciales qui lui sont imposées depuis sa libération d'office en septembre 2013.

Mathieu, alias Trooper, un ancien membre des Nomads, défunt groupe d'élite des Hells Angels, a témoigné devant un commissaire fédéral des libérations conditionnelles ce matin pour obtenir cet élargissement, mais avant de prendre une décision, son interlocuteur a voulu faire la lumière sur le coiffeur de l'ex-motard.

C'est que deux mois après sa libération d'office, Gilles Mathieu s'est fait couper les cheveux dans le commerce d'un homme dont on a appris qu'il était un ami d'un autre ancien Nomad, André Chouinard, et qu'il apparaissait même sur la liste des visites au pénitencier de ce dernier. La femme de l'ancien chef guerrier aujourd'hui expulsé des Hells Angels, Maurice Boucher, aurait même travaillé avec ce coiffeur.

Mathieu a admis qu'il savait que le coiffeur en question, chez lequel il s'est rendu à quatre reprises entre novembre 2013 et mai 2014, était un ami de Chouinard. Mais il a expliqué qu'après 12 ans de pénitencier, nouvellement installé dans un coin où il ne connaissait personne, son réflexe a été d'aller voir ce coiffeur qu'il fréquentait déjà avant son arrestation dans l'opération Printemps 2001.

«Cet endroit n'était pas un lieu de rencontre des Hells Angels. Oui, c'est un manque de jugement et une erreur. Mais si j'avais cru une minute que cela causerait de tels problèmes, je n'y serais jamais allé», a dit l'ancien motard de 64 ans.

Lorsque le commissaire lui a fait remarquer qu'il aurait pu profiter de ces visites chez ce coiffeur pour donner des informations de l'extérieur à ses anciens compagnons motards toujours détenus au pénitencier Archambault, Mathieu a répondu «qu'il n'avait aucune mauvaise intention et qu'il n'y avait rien de caché».

«Dans le fond, tout ce que je veux avoir maintenant, c'est une vie calme, la même vie que monsieur et madame tout le monde. Il n'y a pas une journée où je ne regrette pas la vie que j'ai eue, mais je ne peux pas revenir en arrière. Si j'ai cessé mon allégeance avec les Hells Angels en 2003, c'est parce que j'ai vu tous les problèmes causés, les morts inutiles. Je ne veux plus de la facilité. Depuis 10 ans, j'essaie de faire le plus que je peux pour la société», a dit Mathieu, ajoutant qu'il occupe un emploi physique, à 15$ de l'heure depuis sa libération, et qu'il n'est pas riche.

Son équipe de gestion de cas est favorable à ce que la condition d'assignation à résidence soit retirée, mais le commissaire a pris la cause en délibéré.

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