Enquête indépendante sur la mort d'un garçon de 5 ans lors d'une filature

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La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée

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(QUÉBEC) Un groupe de procureurs indépendants se penchera sur la mort d'un garçon de 5 ans lors d'une filature policière, a annoncé hier la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée.

L'intervention de la ministre est survenue quelques heures après que le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a rouvert son enquête sur le drame impliquant le fils d'un ancien inspecteur de la SQ. L'organisme réagissait aux déclarations de Madeleine Noiseux, une citoyenne qui a été témoin de l'accident survenu le 13 février dernier, et qui se dit convaincue que la vitesse du policier de la Sûreté du Québec en est la cause.

«Considérant que la preuve devra être évaluée de nouveau et afin de préserver la crédibilité et l'indépendance du DPCP, j'ai demandé à la directrice de confier à des procureurs indépendants l'évaluation du dossier», a déclaré la ministre Vallée hier après-midi.

La décision a été prise d'un commun accord avec le DPCP, a-t-elle indiqué.

Le comité sera composé d'un procureur indépendant, d'un procureur du DPCP et d'un juge à la retraite. Cette équipe révisera la preuve amassée par les enquêteurs et émettra une série de recommandations quant à l'opportunité de porter des accusations contre le policier impliqué dans la collision.

«Dans un souci de transparence, ces recommandations seront rendues publiques», a laissé entendre la ministre.

Afin de maintenir la «confiance du public dans les décisions du DPCP», Mme Vallée envisage également de légiférer pour préciser les circonstances dans lesquelles un ministre de la Justice peut intervenir dans les affaires de l'organisme.

Le Parti québécois pressait le gouvernement Couillard de confier le dossier à une équipe de procureurs indépendants depuis la semaine dernière. Le député Alexandre Cloutier s'est réjoui de la décision de la ministre.

«Il était essentiel qu'un oeil externe se penche sur le dossier, notamment en raison des nombreux cafouillages qui l'ont caractérisé», a-t-il affirmé par communiqué.

Enquête rouverte

Plus tôt hier, le DPCP a annoncé qu'il se penchera de nouveau sur les circonstances entourant la mort de l'enfant lors d'une filature de la SQ dans l'arrondissement de Saint-Hubert, à Longueuil.

Cette décision est survenue après la publication dans La Presse des commentaires de Mme Noiseux. La citoyenne s'est dite «choquée» le DPCP mette en cause la responsabilité du père du garçon lors d'un point de presse vendredi dernier.

«Le DPCP a demandé à l'enquêteur au dossier de rencontrer à nouveau le témoin et d'effectuer, le cas échéant, les autres démarches d'enquêtes appropriées», peut-on lire dans un communiqué diffusé par l'organisme.

Mme Noiseux attendait l'autobus à quelques mètres du lieu de la collision et a un souvenir très clair du drame. Les enquêteurs l'ont rencontrée une fois, au lendemain de l'accident. Elle était sans nouvelles d'eux depuis.

«Est-ce que le père aurait dû attendre avant de tourner? Est-ce que j'aurais attendu si j'avais été à sa place? C'est facile de dire oui maintenant quand on sait ce qui est arrivé... Peut-être que les deux conducteurs n'ont pas bien évalué leurs distances, mais le père ne pouvait s'attendre à ce que quelqu'un roule à 122 km/h!», a déclaré Mme Noiseux à La Presse.

Lors d'un point de presse, vendredi, le porte-parole du DPCP a indiqué que le père de la victime, Mike Belance, a fait une manoeuvre risquée en tournant à gauche alors que la voiture banalisée arrivait à grande vitesse.

Fin d'une époque

De son côté, la ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, a soutenu que l'époque où des policiers enquêtent sur des policiers sera bientôt révolue. 

Le comité de sélection chargé de trouver la personne qui dirigera le futur bureau d'enquête indépendant lui a remis son rapport.

Le choix de cette personne sera fait «sous peu», a-t-elle assuré.

«Je dois faire la recommandation au Conseil des ministres», a-t-elle mentionné quelques minutes avant de prendre part à une réunion de ce Conseil.

Le bureau verra donc le jour rapidement, selon elle. Cette mesure permettra de «s'assurer que les citoyens aient confiance dans leurs institutions. Je pense que le bureau va dissiper les doutes. Maintenant, est-ce que les doutes, c'est la réalité? On peut se poser la question. Mais ça ne veut pas dire que c'est la réalité», a ajouté Mme Thériault.

- Avec la collaboration de Denis Lessard et Tommy Chouinard 

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