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SPVM: des gilets pare-balles défectueux

Un problème de gilet pare-balles a entraîné le... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE)

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Un problème de gilet pare-balles a entraîné le report de perquisitions qui devaient être réalisées par le Groupe d'intervention tactique du SPVM.

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Plusieurs enquêtes policières ont été ralenties par des problèmes de gilets pare-balles qui ont handicapé l'équipe tactique du SPVM ces cinq dernières semaines, a appris La Presse.

La situation était à ce point problématique que de nombreuses perquisitions délicates, mais jugées non urgentes, ont été reportées.

Pendant quatre jours, le mois dernier, c'est même l'équipe tactique de la Sûreté du Québec (SQ) qui a complètement pris la relève de celle du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), paralysée.

Joint vendredi, le SPVM a confirmé qu'un test effectué à la toute fin du mois de novembre avait soulevé des doutes sur le degré de protection offert par un panneau des gilets pare-balles des membres de son équipe tactique.

«On s'est rendu compte qu'il y avait une défectuosité. Quand on a vu ça, on a retiré les équipements.»

Ian Lafrenière, porte-parole du SPVM

Pendant les quatre jours qui ont suivi, c'est la SQ qui a assuré les perquisitions urgentes pour le SPVM. Selon nos informations, une descente liée à l'opération Accalmie, visant les gangs de rue, a notamment dû être prise en charge par le corps de police provincial.

Par la suite - et jusqu'à vendredi -, un certain nombre de gilets d'un lot différent a pu être utilisé. « Ça nous a permis d'avoir une force minimale », a relaté M. Lafrenière. « On n'était pas à 100 %. »

Selon nos informations, cette limitation a entraîné le report de beaucoup d'opérations exigeant la présence de l'équipe tactique, mais qui n'étaient pas considérées comme urgentes. Les enquêteurs assignés au crime organisé et aux gangs de rue ont notamment pâti de la situation.

Le Groupe tactique d'intervention (GTI) - corps policier correspondant au SWAT dans les pays anglophones - est notamment appelé à intervenir dans les opérations délicates où des suspects pourraient être armés.

« Nous ne commenterons pas le dossier », a indiqué Martin Desrochers, porte-parole de la Fraternité des policiers.

DES PROCÉDURES JUDICIAIRES POSSIBLES

Selon nos informations, le fournisseur des gilets pare-balles au centre du dossier est Point Blank Enterprise, établi en Floride. Joint vendredi par La Presse, Michael Foreman, responsable des ventes internationales de la firme, n'a pas voulu formuler de commentaires.

Le débat sur le niveau de protection des gilets au centre de l'affaire fera assurément l'objet de discussions entre la police, le distributeur avec lequel elle fait affaire et le fabricant des gilets. Selon nos informations, certains cadres au SPVM croient que la situation pourrait soulever des doutes au sein d'autres corps policiers en Amérique du Nord.

Sur son site, Point Blank Enterprise se vante d'être le « chef de file mondial dans le développement, la fabrication et la distribution » d'équipements de protection destinés aux forces de l'ordre. L'entreprise avance aussi que « la majorité » des soldats américains déployés en Afghanistan et en Irak ont porté ses pièces d'équipement.

M. Lafrenière s'est contenté de souligner la rapidité avec laquelle on leur avait envoyé des gilets de remplacement. Ceux-ci leur sont parvenus vendredi. « Ça a été très, très rapide. On les a reçus par avion », a-t-il dit, ajoutant que pour la livraison de ce type d'équipement, il faut généralement prévoir plusieurs semaines.

Il a aussi tenu à souligner que le test qui a permis de détecter la défectuosité a été réalisé à l'initiative du SPVM, « pas parce que nos équipements sont vieux ou quoi que ce soit de ce genre ».

UN PRÉCÉDENT

Ce n'est pas la première fois que le Groupe tactique d'intervention (GTI) de la police montréalaise est mis sur la touche par des problèmes de gilets pare-balles. La même situation s'était produite en 2011, alors que la SQ et la GRC avaient dû être appelées en renfort. Des tests avaient aussi permis de détecter des défectuosités dans ces équipements, qui devaient pourtant « avoir une durée de vie de 10 ans », se désolait à l'époque le porte-parole Ian Lafrenière, en entrevue à LCN. « On a tenté de trouver un plan B, sans succès. »

- Avec Daniel Renaud

LE GROUPE TACTIQUE D'INTERVENTION DU SPVM EN CHIFFRES

De 400 à 600 interventions chaque année

22 agents et 5 officiers

Le GTI effectue des perquisitions délicates, mais aussi des interventions sous-marines, des opérations de désamorçage d'explosifs et des actions liées à des produits chimiques ou bactériologiques

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