Le délateur Serge Quesnel obtient sa libération totale

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Cette photographie de Serge Quesnel et son amie, Sandra Beaulieu, aurait été prise par un détective de la Sûreté du Québec lors de ses premiers mois de détention, en 1995.

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Daniel Renaud
La Presse

Vingt-ans après avoir été condamné à la prison à perpétuité pour le meurtre de cinq personnes commis au début de la guerre des motards, l'ex délateur et tueur à gages des Hells Angels, Serge Quesnel, a obtenu sa libération conditionnelle totale, peut-on apprendre dans une décision de la CLCC obtenue par La Presse.

Quesnel, 45 ans, qui vivra sous une nouvelle identité et occupera un emploi, sera toutefois soumis à des conditions jusqu'à la fin de sa sentence.

Il devra notamment divulguer toute transaction financière, ne pas communiquer avec toute personne ayant un casier judiciaire ou étant liée à une organisation criminelle, ne consommer ni drogue ni alcool, et ne pas faire usage de produits qui pourraient altérer les résultats d'éventuels tests d'urine.

En 2011, Quesnel avait obtenu une semi-liberté mais celle-ci avait été suspendue puis annulée lorsque son équipe de gestion de cas avait reçu des informations voulant que sa sécurité et celle de sa famille puisse être compromise.

Deux ans plus tard, il avait bénéficié d'une seconde semi-liberté qui avait de nouveau été suspendue après qu'il eut consommé de l'alcool et conduit un véhicule moteur, alors qu'il avait un permis probatoire et faisait l'objet d'une mesure de tolérance zéro.

Quesnel a eu des problèmes de consommation de drogues et d'alcool. Après une évaluation réalisée en avril dernier, un psychologue a estimé de «modéré à élevé» le risque de récidive violente à long terme de Quesnel et a suggéré une démarche de réinsertion sociale progressive et graduelle. Son agente de libération a pour sa part évalué le risque de récidive violente à modéré.

Malgré tout, l'équipe de gestion de cas de Quesnel a recommandé une libération conditionnelle totale, ce qui a été entériné par les commissaires.

On invoque que depuis sa réincarcération en 2014, Quesnel s'est impliqué dans des programmes et un suivi psychologique qui lui ont permis «d'être mieux outillé». Selon la décision, aucun soupçon de consommation ne pèse contre Quesnel qui a agi comme ombusman et a participé régulièrement à des rencontres des AA en établissement.

«Depuis plus de vingt ans, vous purgez votre peine. Vous avez connu des périodes de découragement et de détresse émotionnelle. Dans l'ensemble, vous avez fait des efforts et collaboré avec les intervenants. Vous avez participé à des nombreux programmes correctionnels, suivis psychologiques et criminologiques. (.....) Vous regrettez vos comportements criminels et êtes conscients des torts et traumatismes que vous avez causés. Vous n'avez pas été impliqués dans des situations de violence depuis de nombreuses années», écrivent les commissaires Pierre Cadieux et Michel Pallascio dans leur décision rendue lundi.

En 2002, Serge Quesnel, sous la plume de Pierre Martineau, avait raconté sa vie dans un livre intitulé Testament d'un tueur des Hells. Après son arrestation en 1995, il avait signé un contrat d'un demi million de dollars, qui était alors le plus lucratif contrat de délateur de l'histoire du Québec.

En 2004, dénonçant ses conditions de détentions, il avait poursuivi le gouvernement et obtenu gain de cause cinq ans plus tard devant la Cour Supérieure.

Il a également une autre poursuite au civil toujours active de 200 000 $ contre le gouvernement pour avoir retardé sa réhabilitation. Aux dernières nouvelles, les parties négociaient.

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