Chauffeur de taxi accusé: deux versions s'affrontent

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M. Guercy Edmond (notre photo) a-t-il attaqué un client mécontent ou a-t-il agi en légitime défense? C'est ce que la juge Geneviève Graton devra décider au terme du procès qui s'est ouvert ce matin.

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C'est parce qu'il craignait le chauffeur de taxi que Benoît Kapelli a frappé la voiture de celui-ci à coups de pied à plusieurs reprises, et qu'il s'est élancé pour « passer par-dessus » le taxi, dans la nuit du 29 avril 2012.

C'est ce que l'homme de 24 ans, qui a fini sous les roues du taxi cette nuit-là, a raconté, hier, alors qu'il témoignait au procès du chauffeur de taxi Guercy Edmond. Ce dernier, âgé de 50 ans, est accusé de voie de fait grave et armée, négligence criminelle et conduite dangereuse. M. Edmond n'a pas encore témoigné, mais son avocat a indiqué qu'il invoquera la légitime défense et l'absence d'intention. Dans l'affolement, cherchant à fuir l'agressivité des gens qui entouraient sa voiture, M. Edmond ne se serait pas rendu compte qu'il avait écrasé quelqu'un.

M. Kapelli a eu la vessie perforée, trois côtes fêlées et une bonne coupure au menton qui lui a laissé une cicatrice. 

Éméchés

Les faits, qui ont été filmés sous différents angles par différentes personnes, sont survenus vers 3 h 30 du matin. M. Kapelli et deux de ses amis avaient passé la nuit dans un bar et étaient partis à la fermeture. Éméchés, ils ont décidé de prendre un taxi, sur le boulevard Saint-Laurent. Ils se sont engouffrés dans celui de Guercy Edmond, alors que les clients précédents descendaient.

M. Kapelli, qui était assis à l'avant, dit s'être rendu compte après peu de temps que le compteur n'avait pas été remis à zéro. Il a engueulé le chauffeur, car il avait l'impression de se faire arnaquer. Il dit être descendu du taxi et avoir claqué la porte, mais nie avoir frappé le chauffeur dans la voiture.

« Il [le chauffeur] s'est énervé, il a crié, je ne l'ai jamais frappé », a soutenu M. Kapelli, qui semblait plutôt sûr de lui en livrant sa version. Il a affirmé que le chauffeur lui avait lancé une bouteille et qu'il avait ensuite tenté de le heurter avec sa voiture, mais qu'il avait plutôt percuté un lampadaire.

En contre-interrogatoire, Me Vaillancourt a fait ressortir que le récit de M. Kapelli ne coïncidait pas toujours avec les images vidéo. Ainsi, le jeune homme prétend qu'il avait peur du chauffeur. Pourquoi alors courir en direction de la voiture pour la frapper à coups de pied et donner aussi des coups à la fenêtre du conducteur?

M. Kapelli soutient qu'il voulait empêcher le chauffeur de descendre. Il nie être celui qui dit dans la vidéo : « Il a essayé de me tuer, je vais le tuer. »

Originaire de France, M. Kapelli est retourné dans son pays depuis les événements. Il est venu exprès pour témoigner au procès.

Le procès se poursuivra demain devant la juge Geneviève Graton. C'est MJosiane Laplante qui représente la Couronne.

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