Enfants autochtones arrachés à leur famille: le fédéral perd une manche en cour

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Le ministre des Affaires Autochtones, Bernard Valcourt

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Colin Perkel, Diana Mehta
La Presse Canadienne
Toronto

Le gouvernement fédéral devrait admettre que des milliers d'enfants autochtones se sont fait voler leur identité culturelle plutôt que de continuer à se battre devant les tribunaux, ont déclaré jeudi la principale plaignante et son avocat.

Ces commentaires ont été faits après qu'un juge de la Cour divisionnaire, en Ontario, eut refusé la demande du fédéral, qui cherchait à faire rejeter le recours collectif de 1,3 milliard de dollars avant même qu'un procès ne soit tenu.

Bien que le tribunal ait souligné qu'il ne se prononçait pas sur les chances de succès de la poursuite, il a déterminé que les demandeurs devraient au moins avoir la chance de présenter leurs arguments.

Le banc de trois juges a souligné qu'il était difficile de voir ce qui pourrait être plus important pour les Autochtones que la connexion de chacun d'entre eux avec son héritage culturel.

Même si les poursuites d'Autochtones contre le gouvernement sont plutôt nombreuses, il pourrait s'agir de la première qui se fonde sur la perte d'identité culturelle.

En vertu d'une entente avec le gouvernement fédéral, qui a été en vigueur de décembre 1965 à décembre 1984, les services d'aide à l'enfance ont placé environ 16 000 enfants autochtones dans des familles non autochtones.

La poursuite, intentée il y a près de six ans, allègue que ces enfants, pris dans ce qui est appelé la «rafle des années 60», ont souffert une perte désastreuse de leur identité culturelle, et que le Canada a échoué à la protéger.

Selon la poursuite, les enfants ont subi des dommages émotifs, psychologiques et spirituels attribuables à leur absence de connexion avec leur héritage.

«J'ai tout perdu. Même mon nom», a déclaré jeudi la demanderesse principale, Marcia Brown Martel, chef de la Première Nation Beaver House, près de Kirkland Lake, en Ontario. «J'ai perdu ma famille. J'ai perdu ma langue. J'ai tout perdu de ma culture.»

«Cela n'aurait jamais dû arriver. C'était mal», a-t-elle ajouté.

Enfant, Mme Martel a été retirée de sa famille par les services d'aide à l'enfance et a été adoptée par une famille non autochtone alors qu'elle avait neuf ans. Adulte, elle a tenté de se réapproprier son héritage et est retournée vivre sur sa réserve d'origine. Elle a ensuite découvert que le gouvernement fédéral avait effacé son identité de naissance.

La poursuite cherche à obtenir 85 000 $ pour chacune des 16 000 victimes de la rafle des années 60.

Erica Meekes, porte-parole du ministre des Affaires Autochtones Bernard Valcourt, a déclaré dans un courriel que le gouvernement allait étudier la décision du tribunal pour déterminer la marche à suivre.

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