Repentigny: le présumé agresseur comparaît

L'avocate de l'aide juridique Manon Deschênes, qui représente... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE)

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L'avocate de l'aide juridique Manon Deschênes, qui représente un garçon de 13 ans qui aurait poignardé et agressé sexuellement une voisine de son âge.

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(Repentigny) C'est une véritable séance de torture qu'aurait imposée un adolescent de 13 ans à une jeune fille de son âge, jeudi soir à Repentigny. Le garçon a été accusé de tentative de meurtre au couteau et d'agression sexuelle armée, vendredi midi au palais de justice de Joliette.

L'histoire d'horreur s'est jouée jeudi soir.

Vers 18h30, comme leur fille ne rentrait pas de l'école, les parents de la victime ont appelé la police.

«Les policiers se sont rendus chez eux, ont fait un ratissage du secteur, appelé ses amis», explique l'agent Bruno Marier, porte-parole de la police locale.

La pauvre est finalement rentrée chez elle par ses propres moyens vers 20h45, dans un piteux état.

Couverte d'ecchymoses, de coupures et de sang, la jeune fille a affirmé qu'elle avait été séquestrée et victime d'une agression armée par un ami d'enfance habitant la même rue qu'elle.

Elle a été transportée à l'hôpital, où elle est traitée pour des blessures graves, mais qui ne mettent pas sa vie en danger, selon M. Marier.

Quant au garçon, il a été arrêté et a comparu vers 12h10 en chambre de la jeunesse, au palais de justice de Joliette.

Quatre chefs d'accusation ont été portés contre lui, soit tentative de meurtre, agression sexuelle armée, agression sexuelle grave en «blessant, mutilant ou défigurant» sa victime et séquestration.

Le garçon n'a que le visage d'un enfant de 13 ans. Pour le reste, c'est un colosse dont la charpente est celle d'un adulte. Il est demeuré calme pendant que son avocate, Me Manon Deschênes, de l'aide juridique, plaidait non coupable en son nom.

L'affaire a été remise à mardi prochain, pour la forme. L'enquête sur sa mise en liberté aura lieu plus tard. L'affaire sera complexe à ce stade, puisque l'accusé habite à quelques mètres de chez la victime. Pour être libéré, il devra forcément s'engager à ne pas approcher à moins d'une certaine distance de chez elle.

Il demeure détenu en centre jeunesse d'ici là.

Les parents du jeune accusé ont assisté à sa comparution. Au terme de l'audience, son père l'a longuement regardé quitter la salle, derrière le box des accusés, les poings serrés, la rage au coeur.

«Ces gens sont complètement atterrés. C'est un garçon sans histoire, qui vient d'un excellent milieu. Il n'a pas d'antécédents, ni judiciaires ni en matière de santé mentale», a expliqué Me Deschênes, qui a longuement discuté avec les parents après la comparution.

Elle a tout de même indiqué qu'elle demanderait peut-être que son jeune client soit soumis à une évaluation psychiatrique pour déterminer son aptitude à comparaître.

Les deux jeunes se connaissent depuis l'école primaire. Elle fréquente maintenant l'école secondaire Jean-Baptiste-Meilleur, à Repentigny, tandis que lui fréquente une école privée.

À Jean-Baptiste-Meilleur, le directeur, Pierre Gagnon, qui dit avoir vécu d'autres crises du genre dans sa carrière de directeur, a indiqué qu'une cellule de crise serait mise en place dans l'école et que du soutien psychologique sera offert aux élèves lundi. Aujourd'hui vendredi, c'est journée pédagogique et les élèves sont absents. Il n'a donc pu prendre le pouls des élèves, mais il appréhende une certaine détresse.

Le personnel du Tribunal de la jeunesse est habitué de faire face à des histoires parmi les plus horribles, mais il est très rare que des adolescents de 13 ans soient accusés de crimes aussi graves.

«Ce n'est pas habituel, mais ça fait partie de ma pratique de représenter des jeunes accusés d'être criminellement responsables de délits», affirme Me Deschênes.

«À cet âge, la peine maximale qui pourrait lui être imposée est de trois ans de garde en centre fermé», a pour sa part déclaré le procureur aux poursuites criminelles et pénales, Me Alexis Marcotte Bélanger.

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