Son sac à dos fouillé: un enfant de 5 ans troublé

Denis Mehdi Duchêne et son fils Souhail s'étaient... (Photo: Christinne Muschi, Reuters)

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Denis Mehdi Duchêne et son fils Souhail s'étaient rendus au parc Jean-Drapeau avec du matériel en vue d'une éventuelle manifestation pacifique quand ils se sont fait interpeller près de jeux d'eau.

Photo: Christinne Muschi, Reuters

Émilie Bilodeau
La Presse

La photo de Denis Mehdi Duchêne, de son garçon et d'un policier qui tient un sac à dos d'enfant circule sur le web depuis le Grand Prix de Montréal.

Cinq jours après les événements, le petit garçon de cinq ans et demi est encore troublé d'avoir été interpellé par six policiers, et le père songe à porter plainte contre l'un d'eux, qui a menacé d'appeler la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) lorsqu'il a découvert un masque dans le sac de l'enfant.

Dimanche dernier, Souhail a demandé à son papa d'assister à la course de Formule 1. Comme M. Duchêne est contre la venue de cet événement à Montréal, il lui a répondu qu'ils se contenteraient d'écouter le son des bolides au parc Jean-Drapeau, où ils pourraient également jouer dans les fontaines d'eau. Il a aussi proposé à son fils de préparer un sac comme s'ils allaient à un rassemblement de casseroles, au cas où une manifestation pacifique aurait lieu. Ils ont donc apporté un sifflet, deux trompettes achetées dans un Dollarama, des carrés rouges et... un masque de Guy Fawkes. M. Duchêne affirme qu'il a acheté le déguisement après que son fils eut aperçu une fillette qui en portait un.

Après avoir vu les nombreux agents à la sortie du métro et discuté avec quelques personnes qui portaient un carré rouge, M. Duchêne a réalisé que les policiers ne toléreraient aucune manifestation. Comme il faisait beau et chaud, il a décidé d'aller profiter des jeux d'eau pour se rafraîchir.

Menaces d'appeler la DPJ

Vers 13h, deux policiers se sont approchés et ont demandé de vérifier le contenu du sac de M. Duchêne, puis celui de son fils. «En voyant le masque, un des policiers s'est exclamé, puis il m'a fait la morale. Il a dit qu'on devrait appeler la DPJ parce que je me servais de mon enfant. J'ai tenté de rester poli, mais je lui ai répondu qu'il n'était pas psychologue et qu'il y avait des cas pas mal plus sérieux que celui de mon fils», raconte le père.

M. Duchêne a tenté de garder son calme pour ne pas alarmer son fils. «Mon garçon est encore troublé. Il a vu six policiers avec leur arme à feu [à la ceinture] qui nous encerclaient.»

Juste avant d'être forcé de quitter le parc, M. Duchêne a demandé le numéro de matricule du policier qui a menacé d'appeler la DPJ. Il juge que ses propos étaient déplacés, et il compte porter plainte contre lui.

Ian Lafrenière, porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), recommande en effet au père de porter plainte en bonne et due forme, et assure que celle-ci sera prise au sérieux. «S'il trouve que ça n'a pas bien été fait, je l'invite à venir rencontrer n'importe quel supérieur ici ou à passer par la déontologie policière. Si ces paroles ont bel et bien été prononcées, c'est loin du genre de comportement qu'on recommande à nos policiers», a-t-il affirmé.

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