Affaire Magnotta: la victime est un étudiant chinois

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Luka Rocco Magnotta, âgé 29 ans, a été l'objet d'une chasse à l'homme sans précédent dans l'histoire du SPVM. Il fait face à cinq chefs d'accusation graves, notamment de meurtre prémédité, relativement à l'assassinat et le démembrement de Jun Lin, un étudiant chinois. »

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Luka Rocco Magnotta

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Vincent Larouche et Gabrielle Duchaine
La Presse

L'enquête sur le meurtre et le démembrement commis à Côte-des-Neiges a pris une dimension internationale jeudi. Alors que la police cherchait le suspect Luka Rocco Magnotta en France, la victime a été identifiée comme un étudiant chinois admis récemment à l'Université Concordia.

Jun Lin, la présumée victime de Luka Rocco Magnotta.... (Photo tirée de Facebook) - image 1.0

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Jun Lin, la présumée victime de Luka Rocco Magnotta.

Photo tirée de Facebook

> En photos: l'affaire Luka Rocco Magnotta

Selon nos informations, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a montré à des résidants de Côte-des-Neiges la photo de Jun Lin, ressortissant chinois de 33 ans originaire de la province de Wuhan, arrivé à Montréal en juillet dernier pour ses études.

Vendredi matin, le Service de police de la Ville de Montréal a confirmé l'identité de la victime.

Le défunt connaissait déjà Magnotta avant le soir fatidique, apparemment. Il l'aurait suivi volontairement chez lui pour avoir des relations sexuelles.

Richard Payette, qui habite un appartement voisin de la scène de crime, est certain d'avoir reconnu sur cette photo l'individu qui apparaît dans la sanglante vidéo diffusée sur l'internet. «C'est clair que c'est lui... c'est dégueulasse», a-t-il déclaré au cours d'une entrevue hier.

Il dit n'avoir jamais vu l'homme dans l'immeuble auparavant.

La police travaille maintenant en collaboration avec le consulat de la Chine à Montréal dans cette affaire.

«Un Chinois qui correspond à la description avait été porté disparu par des proches le 24 mai, soit un jour avant la découverte de la valise, vendredi dernier. Un avis de recherche a été publié en chinois sur le site du consulat le 29 mai», confirme Xin Xu, porte-parole de la mission diplomatique.

Le consulat essaie d'aider le SPVM à joindre sa famille en Chine pour l'aviser du drame, mais aussi pour savoir si elle a la moindre parcelle d'information qui aiderait l'enquête. Les démarches se sont avérées compliquées et pourraient prendre encore un certain temps. Le consulat affirme toutefois que des gens y travaillent activement sur le terrain.

Les autorités jouent de prudence pour l'instant. Le mandat d'arrêt concernant Luka Rocco Magnotta, déposé hier au greffe du palais de justice de Montréal, évoque le meurtre non prémédité d'une «personne inconnue» et un outrage à un cadavre.

France ou Europe de l'Est?

Le SPVM a aussi demandé l'aide de ses partenaires d'Interpol dans sa chasse pour trouver l'acteur porno de 29 ans, soupçonné d'avoir filmé le meurtre et la mutilation de sa victime, pour ensuite diffuser la vidéo sur l'internet et envoyer des restes humains à des partis politiques fédéraux.

Interpol a diffusé un avis de recherche international avec la photo de Magnotta.

Selon nos sources, des documents trouvés dans l'appartement du suspect et certains de ses écrits laissent croire qu'il a fui vers la France après son crime. Le commandant Ian Lafrenière, porte-parole du SPVM, confirme d'ailleurs qu'il est possible que l'homme le plus recherché du Canada ait fui le pays. Les médias français se sont rapidement emparés de l'affaire et la photo du suspect a fait le tour du pays.

Mais les policiers examinent aussi d'autres hypothèses. Magnotta aurait pu laisser volontairement de fausses pistes. Son utilisation du pseudonyme Vladimir Romanov et certaines traces laissées sur l'internet laissent croire qu'il pourrait aussi avoir l'Europe de l'Est dans ligne de sa mire.

Mauvaise publicité

Par ailleurs, dans l'immeuble miteux de Côte-des-Neiges où Magnotta habitait depuis quelques mois et où il aurait tué sa victime, avant d'abandonner son tronc dans la ruelle, on s'affairait hier à effacer les traces de l'horrible boucherie.

Le matelas ensanglanté de son lit ainsi que le fauteuil et d'autres meubles ont été sortis du minuscule appartement et jetés au bord de la rue. Un des concierges finissait de nettoyer l'endroit lors du passage de La Presse.

«Je ne pense pas qu'il [Magnotta] va revenir. Ses choses n'étaient plus utilisables. Nous avons lavé le frigo, qui était plein de sang, comme s'il y avait gardé une partie du corps. Nous allons sûrement trouver quelqu'un rapidement pour louer l'appartement. Mais le propriétaire est tanné de toute la mauvaise publicité, car des gens parlent de déménager maintenant», raconte Mike Nadeau.

Pendant ce temps, en Ontario, la police de Toronto a reconnu avoir été avertie dès dimanche qu'une vidéo de démembrement circulait sur le web. Elle avait jugé l'information insuffisante pour ouvrir une enquête. C'est un avocat américain qui a fait l'appel, a indiqué la constable Wendy Drummond. Une enquête pour cruauté animale avait toutefois été ouverte en 2011 lorsque des organismes de défense des animaux avaient accusé Magnotta d'avoir tué des chatons et diffusé des images de leur mort sur l'internet.

À Peterborough, où habite la famille du suspect, peu d'informations ont filtré hier.

«Il est gravement dérangé, c'est un malade mental», a confié hier un jeune homme sur le pas d'une maison modeste de la banlieue paisible au nord-est de Toronto. Pendant qu'il s'exprimait, la soeur de Magnotta, Melissa Newman, lui serrait le bras, silencieuse et visiblement ébranlée. «Nous ne le voyons plus depuis un bon moment», a-t-il souligné.

- Avec la collaboration de Daphné Cameron à Peterborough

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