Chirurgien décédé sur l'A40: «C'était un pilier de l'hôpital»

Un conducteur de poids lourd aurait perdu la... (Photo: Stéphane Grégoire, collaboration spéciale)

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Un conducteur de poids lourd aurait perdu la maîtrise de son véhicule sur l'autoroute 40, à la hauteur du boulevard Roi-René, dans l'arrondissement Anjou. Un automobiliste a perdu la vie à la suite de cet accident.

Photo: Stéphane Grégoire, collaboration spéciale

Vincent Larouche
La Presse

Son travail était de combattre la mort au quotidien. Véritable pilier du milieu médical, il n'avait jamais ménagé d'efforts pour sauver des vies. Mais vendredi soir, la mort a rattrapé le docteur Alain Légaré dans un tragique tour du destin, lorsqu'un accident presque inimaginable lui a coûté la vie sur l'autoroute 40.

«Son modus vivendi, c'était de profiter de la vie au jour le jour, car on ne sait jamais ce qui nous attend le lendemain. Là, c'est lui qui n'a pas eu de chance... vraiment!» a laissé tomber sa conjointe, Hélène Bouvier, lorsque jointe par La Presse samedi.

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Le chirurgien Alain Légaré, décédé vendredi soir dans un accident sur l'autoroute 40.

Photo: courtoisie de la famille

Chirurgien général très engagé dans son milieu de Lanaudière, le Dr Légaré avait récemment retrouvé des amis d'enfance. Il revenait de les visiter vendredi soir lorsqu'il a été pris dans un accident aussi violent qu'inusité.

La tempête de neige avait rendu les conditions routières difficiles. Vers 23 h, un conducteur de poids lourd a perdu la maîtrise de son véhicule, à la hauteur du boulevard Roi-René, dans l'arrondissement Anjou.

Le mastodonte d'acier a envoyé valser une série d'atténuateurs d'impact, des barils disposés près des voies rapides pour éviter les chocs trop violents. Il a percuté une superstructure de signalisation avec tant de force que celle-ci s'est effondrée sur un deuxième camion à côté.

Des débris ont volé dans les airs. Selon les premiers éléments d'enquête de la Sûreté du Québec, une masse, qui pourrait être l'un des barils ou un morceau de structure, s'est écrasée dans le pare-brise d'un automobiliste qui suivait derrière.

Cet homme, c'était le chirurgien Légaré, qui retournait vers son domicile de Repentigny.

«C'était une scène surprenante, lorsque nous sommes arrivés, qui s'étendait sur près de 500 mètres. L'automobiliste était en arrêt cardio-respiratoire. Nous avons tenté des manoeuvres sur place. Malheureusement, ça n'a pas fonctionné», résume Stéphane Smith, porte-parole d'Urgence Santé. Les deux conducteurs de poids lourds n'ont pas été blessés.

Un grand humaniste

Tous ceux qui le côtoyaient sont unanimes: Alain Légaré était un grand humaniste, dont la perte sera vivement ressentie dans Lanaudière.

«Un homme réputé, admiré, aimé. Généreux, souriant et taquin. Tout l'hôpital Le Gardeur est sous le choc», dit une infirmière qui l'a côtoyé.

«Un pilier de l'hôpital», ajoute le Dr Paul Buu, chef du département de chirurgie au Centre de santé et de service sociaux (CSSS) du sud de Lanaudière.

Le Dr Légaré s'impliquait dans le Conseil des médecins dentistes et pharmaciens, l'enseignement, la Fondation du CSSS. Sa plus récente réalisation était la mise sur pied d'une nouvelle clinique de cancer du sein.

«Il considérait qu'on était capable de faire mieux dans le suivi des patientes atteintes du cancer. Et maintenant ça marche à merveille! Les patientes peuvent témoigner que la prise en charge est magnifique. Alain a touché la vie de tant de patients qu'on ne pourrait pas les compter», affirme le Dr Buu.

«Il travaillait tellement pour la clientèle, qu'il pouvait parfois être polarisant. Il voulait tellement que les choses marchent mieux. Il ne lâchait jamais le morceau. Ce n'était pas le genre de médecin qu'on va croiser sur une base régulière», ajoute-t-il.

Toujours soucieux d'en faire plus, Alain Légaré s'était envolé vers Port-au-Prince pour soigner les blessés après le séisme en Haïti.

«Il est revenu enchanté, mais un peu déchiré aussi, car le temps qu'il passait là-bas c'était du temps qu'il enlevait à ses patients et sa famille... il était déchiré, et ça, c'est Alain tout craché», explique le Dr Buu.

Car malgré son horaire chargé, le Dr Légaré s'empressait toujours de revenir auprès de sa famille, à laquelle il se dévouait autant qu'à ses patients.

«C'était rendu un peu un running gag, car il était toujours en retard. Et un jour, on a compris qu'il pouvait facilement passer une heure, ou une heure et demie avec les gens, surtout s'il devait leur apprendre qu'ils avaient le cancer. Ce n'était jamais de la routine pour lui», résume sa conjointe, qui élevait avec lui leurs enfants de 10, 13 et 19 ans.

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